Il y a quelques mois, l’entreprise Recotri déposait une demande de permis pour étendre son activité de concassage et de revalorisation des déchets inertes. La demande de permis unique porte sur la création et l’exploitation d’une centrale à béton de 23 mètres de haut. Le SPW a jugé la demande recevable, mais les riverains beaucoup moins. 

Depuis plusieurs mois, ils se mobilisent contre le projet d’extension et dénoncent les nuisances dont ils sont victimes depuis l’installation de l’usine. Le collectif “Vigilance Pollution Santé Ghlin” s’est mobilisé et a porté une pétition pour faire entendre les riverains dans leur combat. Objectif atteint puisque le Collège communal vient de remettre un avis défavorable, apprend-on par l’entremise d’une question posée par la conseillère communale Khadija Nahime (PS).

La Ville a procédé à une analyse sous l’angle de l’activité totale du site, et donc en ce compris les activités actuelles, leurs éventuelles nuisances et l’effet cumulatif que pourrait générer ce nouveau permis. Si le Collège est à l’écoute des inquiétudes relayées par les riverains il est face à un problème légal. 

“Le vrai souci, c’est le plan de secteur, note l’échevin à l’Urbanisme Maxime Pourtois. À cet endroit, sans zone tampon, les riverains cohabitent avec une usine. Chacun est sur une zone qui correspond à son statut.” Les riverains sont en zone d’habitat et aspirent à la quiétude, tandis que Recotri introduit des permis sur une zone industrielle, qui lui permet donc d’opérer et de développer ses activités. “Toute la complexité est d’essayer de gérer cette cohabitation.”

Et c’est compliqué. Depuis le début, la Ville penche plutôt du côté des riverains, ayant même introduit un recours devant le Conseil d’État contre le permis actuel. Sans succès. Ici encore, la Ville n’a qu’un poids consultatif. “Ce n’est pas l’administration communale qui accorde le permis, mais bien la Région wallonne. Notre champ d’action se limite à un avis. Celui-ci étant étayé, nous espérons que la Région wallonne le fera sien”, espère Nicolas Martin.

À ce stade, la Région wallonne doit récolter les avis des autres instances consultées. Un rapport de synthèse sera ensuite rédigé et les fonctionnaires délégués de la Région wallonne prendront une décision, qui peut faire l’objet d’un recours.