La mère avait déclaré pendant le procès qu'elle avait bu plus de deux litres de bière ce soir-là et que c'est une cigarette qui avait mis le feu à son matelas.

Le tribunal correctionnel de Mons a accordé, lundi, la suspension du prononcé de la condamnation à une mère poursuivie pour l'homicide involontaire de ses deux filles lors d'un incendie qui s'est déroulé le 18 août 2016 dans un immeuble de la rue de Jurbise à Ghlin. Laura et Mila étaient âgées de cinq et trois ans quand elle sont décédées dans l'incendie provoqué par une cigarette qui a mis le feu à un matelas.

Dès le premier jour de l'enquête, la prévenue a désigné un tiers comme l'auteur de l'incendie, mais le fait que la mère n'était pas brûlée a incité le parquet à ouvrir une enquête. Lors de l'audience, elle a toutefois déclaré qu'elle avait bu plus de deux litres de bière ce soir-là et que c'est une cigarette qui avait mis le feu à son matelas. Pour elle, c'était un accident et pas un acte volontaire.

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Pendant le procès, Me Discepoli, avocat des parties civiles, avait insisté sur le fait qu'il était facile de mettre ça sur le dos "de la faute à pas de chance". Selon lui, la faute existait et était en lien avec la mort des deux petites filles. "Sa négligence doit être sanctionnée". D'après le procureur du roi, cette femme a commis deux fautes en lien avec le drame, elle a bu tout en prenant des médicaments et les détecteurs incendie n'étaient pas en ordre dans l'appartement, "ce qui aurait pu permettre de sauver les victimes". Le procureur laissait le tribunal apprécier le montant de la peine "qui doit être assortie d'un sursis", reconnaissant que la prévenue est aussi une victime.

"Elle a été négligente et reconnait ses fautes", avait déclaré son avocate qui avait plaidé la suspension du prononcé de la condamnation, laquelle a été accordée par le tribunal qui a cependant déclaré la prévention établie.