Mons

Une réunion d'informations était organisée ce mercredi soir.

Ce sont des riverains inquiets qui ont assisté mercredi soir à la séance d’informations organisée par la société montoise Envirolead. Cette dernière vient d’entamer les démarches en vue de construire une usine de recyclage de plomb dans le zoning de Ghlin-Baudour, sur un terrain situé derrière Dequachim. Objectif, recycler des batteries de plomb récoltées en Belgique mais aussi en Allemagne, aux Pays-Bas ou encore en France.

La société sœur Euvirowales est déjà implantée au Pays de Galles depuis 2008 et recycle à hauteur de 96% quelque 60.000 tonnes de batteries chaque année. « Au Pays de Galles, nous sommes au maximum de notre capacité, nous sommes obligés de grandir. La Belgique a une super réputation au niveau commercial, la position est centrale, des espaces et de la main d’œuvre qualifiée sont disponibles, nous avons du soutien et, ne nous en cachons pas, des incitants fiscaux », a expliqué François Hanton, patron d’Envirolead.

Sur papier, le projet tient la route. « Nous envisageons un investissement d’une trentaine de millions d’euros et la création de 120 emplois directs. Le terrain convoité a une superficie de neuf hectares sur lesquels nous pourrions construire notre bâtiment d’environ 20.000 m². Notre objectif est de maintenir notre taux de recyclage au-dessus des 96% et de traiter 120 000 tonnes de batterie annuellement, soit le double de ce que l’on fait au Pays de Galles. »

Dans le chef des riverains pourtant, les inquiétudes quant à la santé plus particulièrement sont réelles. Que rejettera l’entreprise dans l’air via ses deux cheminées potentielles ? « Pas du plomb », assure François Hanton. Mais impossible de prendre connaissance ce mercredi d’éventuelles études déjà menées au sein de la société sœur. « Si vous ne souhaitez pas en dire plus, c’est qu’il y a des choses à cacher », lançait un riverain, soutenu par d’autres.

© EB

Les problématiques de la mobilité (on parle d’une trentaine de camions par jour, soit trois par heure), de l’impact sur l’environnement (le site sera en lisière de bois et proche d’une zone Natura 2000) ou encore des nuisances (olfactives, sonores) ont également été soulevées. Mais peu de réponses concrètes ont pu être apportées au public, qui n’a donc pas été rassuré par rapport à ce projet d’envergure, classé SEVESO, qui pourrait voir le jour à deux pas de leurs habitations.

L’étude d’incidences débutera d'ici peu. Elle s’étalera sur plusieurs mois et reste préalable à l’introduction d’une demande de permis. Après quoi les riverains seront une nouvelle fois sollicités dans le cadre d’une enquête publique. À ce stade, le promoteur n’imagine pas pouvoir déposer sa demande de permis avant la fin du mois d’octobre. L’objectif reste cependant de débuter les travaux en mars 2020 pour une durée de deux ans.