Mons Près d'une personne sur trois a été arrêtée par la police.

Les mauvaises langues diront encore que les médias ne retiennent que le négatif des rassemblements de "gilets jaunes". Mais lorsqu’un événement est organisé de la sorte, une issue heureuse est presquee impossible à obtenir. Aucune autorisation n’avait été demandée auprès de la police. De même, personne n’assumait réellement l’organisation du rassemblement (créé sur Facebook avec un compte anonyme), sans doute par crainte que la police leur retombe dessus.

L’après-midi à Mons s’annonçait donc bancale avant même son coup d’envoi. "Ça ressemblait plus à une balade de santé qu’à autre chose", commente Gustave, un gilet jaune venu de Courcelles. "D’habitude, on manifestait vraiment en revendiquant des choses et en distribuant des tracts par exemple. L’objectif est d’aller vers les gens et de crier notre colère en expliquant ce que nous demandons. Mais ici, il n’y avait rien de tout ça. Beaucoup d’entre nous étaient déçus de ce rassemblement."

Ils étaient donc une centaine (contre 400 lors du premier rassemblement à Mons le 12 janvier) à s’être donnés rendez-vous au pied de la collégiale Sainte-Waudru. Le cortège a alors pris la direction du centre-ville pour une action de visibilité.

Le mouvement était à ce moment-là tout à fait pacifiste et bon enfant, hormis les multiples jets de pétards. Dont un dans la boîte aux lettres de la maison du président du PS Elio Di Rupo. Un inconscient, appelons-le ainsi, a introduit l’objet pyrotechnique à travers la fente de la porte de l’immeuble. S’en est suivi une grosse détonation qui a probablement causé des dommages à l’intérieur de l’habitation.

Le cortège a ensuite repris sa route de manière assez désorganisée et sans avoir établi de parcours préalablement. Certains membres du groupe, plus agressifs que les autres, ont alors annoncé leur volonté d’aller jusqu’à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

C’est ce qui s’est passé une fois la nuit tombée, peu après 18 heures. Une frange des "gilets jaunes" a d’abord choisi de se désunir puis une trentaine de personnes sont montées sur le ring pour bloquer la circulation. La police montoise a inévitablement dû intervenir avec le camion autopompe et l’appui de la police fédérale. Finalement, ce ne sont pas moins de 38 personnes qui ont été arrêtées administrativement. Soit environ une personne sur trois !