Des accords ont été pris entre les autorités des deux pays.

Comme attendu, le mouvement des gilets jaunes s’est un peu essoufflé durant les fêtes. Certains irréductibles tentent bien d’organiser des blocages mais ceux-ci sont rapidement démantelés. C’est le cas notamment à Feluy où plusieurs gilets jaunes sont revenus dans la nuit de mardi à mercredi avant que le blocage ne prenne fin en début de matinée. « Il y a eu une accalmie mais nous constatons que le phénomène s’oriente davantage vers les frontières qui sont jugées comme des proies plus faciles car il est plus compliqué d’intervenir pour la police », signale Tommy Leclercq, gouverneur du Hainaut.

C’est dans cette optique que le gouverneur s’est réuni vendredi dernier avec les deux préfets français ainsi que tous les représentants des forces de l’ordre françaises et belges concernées. « Nous avons pris des accords afin de gérer correctement la sécurité des 90 km de frontière entre le Hainaut et la France. En cas de besoin, les polices pourront traverser la frontière afin de terminer leur intervention. »

Ce qui a déjà été mis en œuvre dimanche soir du côté de Lamain (près de Tournai). Le poste-frontière autoroutier a été source de vives tensions entre les gilets jaunes et les forces de l’ordre mobilisées en nombre. Huit personnes ont été arrêtées au terme d’un blocage qui a duré près de quatre heures.

Selon le gouverneur du Hainaut, ce phénomène de blocages aux frontières risque de se poursuivre. Les postes-frontières de Hensies ou Bettignies, qui ont déjà été ciblés par plusieurs barrages, sont par exemple concernés. « Le phénomène diminue entre Noël et Nouvel An mais nous avons toutes les raisons de croire que ça va revenir après le 1er janvier », estime Tommy Leclercq.

L’autre crainte, c’est d’assister à une mutation du mouvement des gilets jaunes. « À l’approche des élections européennes, des mouvements politiques rejoignent les gilets jaunes en France », constate le gouverneur. « Notamment des gens d’extrême droite. Les protestations sont en quelque sorte soutenues structurellement. Ça pourrait malheureusement prendre cette même tournure en Belgique dès 2019. »