Les faits sont absolument dramatiques. Dans la nuit de samedi à dimanche, aux alentours de 3 heures du matin, un violent incendie s'est déclaré dans une habitation de cité, rue de Wallonie à Quiévrain. Au total, cinq victimes sont à déplorer: la maman Elodie, âgée de 31 ans et enceinte de sept mois d'un petit garçon, et trois de ses enfants (Lorie, 9 ans, Alizée, 7 ans et Kelia, 1 an) . Son compagnon Damien (33 ans) père de Kelia, s'est quant à lui défenestré pour tenter d'échapper au brasier. Selon nos informations, il a pu être pris en charge par les services d'intervention mais se trouve dans un état grave.

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Sur les lieux du drame, l'ambiance est évidemment pesante. La bourgmestre de Quiévrain, Véronique Damée, était sur place. "Nous ne savons pas encore ce qu'il s'est passé, le parquet est attendu sur les lieux afin d'inspecter l'habitation", explique-t-elle. "L'un des enfants, celui du compagnon de la maman, allait avoir un an en juin prochain." Les deux petites filles étaient quant à elles âgées de neuf et dix ans. La fratrie était visiblement composée d'autres enfants, qui vivent avec leur papa et qui n'étaient dès lors pas présents.

"À l'arrivée des secours, il était déjà trop tard. Les voisins ont entendu la famille crier, et puis plus rien. Le compagnon s'est quant à lui jeté par la fenêtre pour tenter d'échapper aux flammes. Je tiens à saluer l'intervention rapide des services de secours, ils ont fait leur possible." Les pompiers nous confirment n'avoir rien pu faire. "À notre arrivée, le bâtiment est totalement en feu, l'intensité du brasier nous empêche ne pénétrer rapidement à l'intérieur du logement", explique Nicolas Jeandrain, lieutenant pour la zone de secours Hainaut-Centre. Les postes de secours de Quiévrain, Dour et Saint-Ghislain ont été engagés, en plus du commandement de Mons.

La maison de cité est composée majoritairement de bois. Le brasier s'est donc extrêmement vite propagé, endommageant les habitations voisines. "Je connais bien ces habitations, j'y ai moi-même vécu pendant plusieurs années", poursuit encore Véronique Damée. "Les escaliers sont en bois, une fois que l'incendie se propage, il n'y a pas vraiment d'échappatoire. Au rez-de-chaussée, on trouve la garage et les pièces de vie et à l'étage, les chambres et la salle de bain."

La bourgmestre connaissait la famille de vue. "Mais tous les enfants sont scolarisés dans l'entité. J'ai pris contact avec l'échevin de l'enseignement afin qu'une cellule psychologique soit prête à accueillir les enfants ce lundi, lorsqu'il faudra leur annoncer le décès de leurs camarades..." La famille et les proches des victimes, ainsi que les voisins, ont pu être encadrés par la cellule d'assistance aux victimes. La voisine du logement sinistré devra être relogé dans sa famille, son habitation ayant subi un important dégât des eaux et la voiture étant éventrée.

La thèse accidentelle a été confirmée par le parquet de Mons. Le feu aurait pris à la suite d'un problème au niveau d'une multiprise.

La bourgmestre s'est dit particulièrement choquée par ce drame, qui survient en plus le jour de la fête des mères...

De gauche à droite, les enfants d'Elodie, la maman décédé dans l'incendie: Alizée (7 ou 8 ans, décédée), Laurie (9 ans, décédée), Emilie (3,5 ans) Corentin (10 ans), Héloïse (6 ans), et Kelia (1 an aujourd'hui, décédée). © D.R.

"Certaines interventions sont plus difficiles que d'autres, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants."

Un soutien psychologique s’est rapidement organisé à l’attention des familles et proches des victimes, mais aussi à l’attention des services d’intervention, eux aussi choqués par les conséquences dramatiques de cet incendie. Ce dimanche matin, Patricia Hennequart et Sophie Catoire, respectivement directrice de l’appui psychologique aux intervenants du Hainaut et psychologue, étaient présentes à Quiévrain.

"Nous intervenons tant pour les pompiers que pour les policiers", expliquent-elles. "Nous sommes un service de soutien psychologique pour les intervenants de première ligne, à savoir les pompiers et les policiers, mais l’on peut y adjoindre les services d’urgence et de réanimation au niveau des hôpitaux."

Deux volets sont ainsi proposés : "Il s’agit d’un soutien psychologie au niveau individuel, mais aussi une intervention immédiate, comme c’est le cas aujourd’hui." Un débriefing sera par ailleurs organisé dans les prochains jours. " Notre intervention est nécessaire car on a souvent l’image d’hommes et de femmes fortes mais ils restent humains. Certaines interventions sont difficiles à vivre, surtout lorsque cela concerne des enfants, une femme enceinte,…"

Parmi les équipes d’intervention de ce dimanche, certains sont jeunes. "Ils sont aussi parents et sont forcément plus touchés par ce genre de drame." Patricia Hennequart et Sophie Catoire resteront disponibles pour les intervenants qui en feraient la demande dans les prochains jours, semaines ou mois.