C'est parti pour un mouvement de grève en trois temps dans les prisons du pays. Et celle de Mons n'échappe pas à la règle. Le personnel se croise les bras depuis ce lundi à 22 heures et restera en grève jusqu'à mercredi sur le coup de 22 heures. "Ce mardi matin, seuls 20 agents sur 36 ont pris leur service", confie Eric Domaniecki, délégué CGSP.

Ce taux d'absence sera similaire jusqu'à mercredi soir et permettra d'assurer un service minimum au sein de la prison sans l'intervention de la police fédérale. "Mais nous espérons que la grève soit encore mieux suivie pour la deuxième vague de grève prévue de jeudi matin à samedi matin. Un nouveau règlement oblige les agents de prévenir 72 heures à l'avance de leur intention de grève. Or, beaucoup d'entre eux n'ont pas encore eu le reflexe. Cela sera très probablement beaucoup mieux suivi jeudi. On devrait passer à 75% d'agents en grève."

La première grève de 48 heures à l'appel de la CGSP-ACOD sera en effet suivie d'un mouvement similaire orchestré cette fois par la SLFP Prison de jeudi 6 heures à samedi 6 heures. Puis, en cas de non-avancée des négociations, la CSC prendra le relais du lundi 12 au mercredi 14 octobre. "Et lors de chaque action de 48 heures, les trois organisations couvrent leurs affiliés donc tous les agents qui le souhaitent peuvent participer à la grève."

La cause de ce triple mouvement de grève ? La réponse défavorable de la direction générale des établissements pénitentiaires (DG EPI) à la demande de mise en suspens des visites non surveillées. Selon les syndicats et les détenus, ces visites ne sont pas sûres pendant la période de crise sanitaire.

La CGSP affirme avoir "à plusieurs reprises" tenté de convaincre la DG EPI que les visites non surveillées présentent un risque accru de propagation du coronavirus. Selon les représentants pénitentiaires, les visites non surveillées ont été de nouveau autorisées sans être assorties d'une période de quarantaine. Compte tenu des avis du Conseil national de sécurité, les syndicats ont demandé que la quarantaine soit réintroduite, mais pour une durée de sept jours et liée à deux tests.