Début 2020, l'asbl Passe-Muraille interpellera les collèges communaux afin que des solutions soient dégagées.

C’était il y a déjà deux ans et pourtant, très peu de choses – pour ne pas dire aucune – ont changé : les administrations et lieux publics de la région s’apparentent toujours au parcours du combattant pour les personnes à mobilité réduite. Ce constat, qui était ressorti du rapport de l’asbl Passe-Muraille à l’issue d’une enquête menée durant un an au sein des administrations communales et CPAS de Mons-Borinage, est toujours d’actualité.

Pour faire avancer les choses, l’association entend reprendre contact avec les autorités compétentes début 2020. Objectif, provoquer une prise de conscience. "Nous avions déjà relancé la machine en période d’élections communales et régionales mais nous n’avions obtenu que peu de réponses des majorités en place", explique Philippe Harmegnies, directeur de Passe-Muraille. Les nouveaux collèges (et parfois nouvelles majorités) n’ont pas encore été interpellés.

Mais cela ne saurait tarder. "Nous enverrons de nouveaux courriers et solliciterons une rencontre avec les personnes compétentes. Ce sera l’occasion de refaire le point sur les résultats de l’enquête de 2017 et rappeler que les administrations ont une série d’obligations auxquelles elles sont soumises. Nous attirerons l’attention sur les différents processus d’accessibilité des bâtiments et lieux publics mais aussi sur la dimension d’accueil et d’information."

En matière de site internet notamment, le travail à entreprendre est colossal et s’avère indispensable pour répondre à une directive européenne qui entrera en vigueur en septembre 2020. Pas question cependant pour l’association de jeter la pierre, elle se veut constructive en s’inscrivant dans une démarche globale et transversale. Et pour cause : le handicap revêt bien des facettes. Outre l’aspect moteur, les déficiences visuelles, auditives ou de compréhension peuvent mettre les citoyens en difficulté.

"Sont aussi des PMR les familles avec une poussette, une femme enceinte ou encore les seniors, qui représentent une importante part de la population", rappelle ainsi Philippe Harmegnies. Une réalité encore très peu prise en compte puisqu’en 2017, sur 13 sites analysés, seules les administrations de Mons, Saint-Ghislain, Colfontaine, Jurbise et Quévy obtenaient tout juste la moyenne. Du côté des CPAS, seul Saint-Ghislain réussissait le test.