Még'Océan collecte les mégots et travaille avec Purifungi, recycleur révolutionnaire de cigarettes.

Si les océans tolèrent les seiches, il n'en est rien des clopes, cibiches et autres tiges. Még'Océan l'a bien compris. Cette jeune ASBL basée à Hautrage s'est ardemment lancée dans la protection des fonds marins, menacés par les cigarettes.

"Un amas de mégots sur le trottoir, c'est moche. Mais ceux-là peuvent encore être ramassés et jetés à la poubelle. Le pire, ce sont les millions de mégots que l'on ne voit plus", souligne Xavier Viseur, fondateur de Még'Océan. "Emportés par la pluie et le vent, jetés dans les égouts, ces bombes chimiques filent directement dans les cours d’eau, direction l'océan."

Un seul mégot peut ainsi polluer jusqu'à 500 litres d'eau. Navigateur, Xavier Viseur ne pouvait donc pas rester insensible aux dangers que présentent ces petits déchets pour les océans. Avec des amis également amoureux de la nature, ils ont décidé de créer leur association pour combattre la pollution des mégots.

Leur combat passe évidemment par la sensibilisation du grand public. Mais il ne s'arrête pas là. Még'Océan s'est également lancé dans la collecte de mégots, en installant chez des privés, entreprises ou particuliers, de jolis cendriers reconnaissables à leur queue de baleine. L'ASBL prend en charge l'installation de ces cendriers, leur entretien et le ramassage des déchets. "Nos tarifs de location sont particulièrement bas pour encourager la participation du plus grand nombre", précise Xavier Viseur. "Et nos tarifs sont indicatifs. Nous sommes ouverts à d'autres formules de partenariat. Nous n'avons pas vocation à faire de l'argent, nous sommes tous bénévoles et motivés."

Cerise sur le gâteau, les mégots récoltés par l'ASBL d'Hautrage peuvent trouver une nouvelle vie à travers un procédé révolutionnaire. Jusqu'ici, le recyclage des mégots posait question. Il est apparu qu'il était assez énergivore et nécessitait l'apport d'autres matières pour déboucher sur un produit fini. Mais une autre méthode, naturelle, est en train de voir le jour. Elle permet de recycler les mégots à l'aide d'un champignon!

"Nous travaillons avec Purifungi, une start-up créée par Audrey Speyer, une designeuse française installée à Bruxelles. Le processus qu'elle a mis au point est simple et très efficace. Les mégots sont mélangés avec de la matière organique qui nourrit le mycélium du champignon, puis le matériau ainsi récolté permet de fabriquer de nombreux objets ou de remplacer tout simplement le plastique. Ce procédé a révélé toute son efficacité. Des brevets sont en cours de dépôt, il reste encore quelques étapes à franchir. Une fois que tout sera en place, ça marquera une grande avancée", conclut Xavier Viseur en nous montrant des objets composés à partir de mégots recyclés. Le potentiel est en effet énorme.