Déjà complexe, la situation est aggravée par les travaux sur l'autoroute.

Pas facile de faire la jonction entre le centre d'Havré et les quartiers d'Havré-Ghislage, Congo et Bruyères. Le chemin le plus court passe par le pont de la rue Henri Culot. Mais il suppose de traverser la RN552 ou route industrielle. En temps normal, cette traversée peut s'avérer périlleuse tant les automobilistes tendent à appuyer sur le champignon lorsqu'ils parcourent cette grande voirie. Et depuis que l'autoroute A7 est en chantier et que la route industrielle sert de voie de délestage, certains renoncent même à traverser cette RN552.

Un Havrésien tire la sonnette d'alarme sur les réseaux sociaux. "Les habitants sont pris en otage : en voiture, nous risquons notre vie à vouloir atteindre Havré-centre par le pont de la rue Henri Culot. Je ne vous parle pas des piétons et cyclistes : je n'ai jamais laissé mes enfants passer à vélo, c'est un suicide !", témoigne cet Havrésien qui entend interpeller le conseil communal et le ministre Carlo Di Antonio sur cette dangereuse situation. Il propose même des aménagements.

Justement, des aménagements sont prévus par le SPW dont dépend la route industrielle. "Le SPW n'a pas prévu de créer une passerelle, mais des pistes cyclo-piétonnes vont être aménagées", explique Charlotte De Jaer (Ecolo), échevine de la Mobilité de la Ville de Mons. "A travers ces pistes, il sera possible de rejoindre le Ravel et les passerelles existantes. Des glissières de sécurité sont également prévues. Il ne s'agira pas uniquement de marquage au sol. Par ailleurs, l'aménagement de pistes cyclo-piétonnes fera réduire le nombre de bandes sur la route à hauteur d'Havré. Enfin, il est également prévu d'installer des radars."

Le dossier est déjà bien avancé, ajoute Charlotte De Jaer. La Ville de Mons a validé les plans du SPW. L'échevine espère ainsi que les travaux pourront se faire cet été. Une première étape pour certains qui voudraient malgré tout voir une passerelle enjamber la route industrielle à hauteur d'Havré. Une idée qui ne sort pas de nulle part. Le projet est dans les cartons depuis un bail.

Habitant le coin, la conseillère communale Savine Moucheron (CDH), a d'ailleurs été mobilisée pour faire jouer ses contacts auprès du ministre Di Antonio. "C'est vrai que la situation est dangereuse à cet endroit. Moi-même, aux heures de pointe, je préfère éviter de traverser la route industrielle", confie Savine Moucheron. "J'ai déjà déposé une interpellation auprès du ministre Di Antonio. Je l'amenderai en fonction des remarques des riverains. Il faut des aménagements plus importants. J'interrogerai également le ministre sur le planning de la rénovation de cette RN552. L'état de délabrement est aussi dangereux par endroits. Les voitures préfèrent rouler à gauche sur certains tronçons et les motards font des écarts pour éviter les trous."

Nous l'aurons compris, la route industrielle risque de donner encore pas mal de fil à retordre.