Le témoignage est édifiant. Depuis ce vendredi, la publication de Marilina Biaccalli relatant l’accident dont a été victime son fils Lenny circule comme une trainé de poudre sur les réseaux sociaux. Les faits se sont produits au sein de la Clairière Enchantée, dans le cadre d’un stage. Le petit garçon, âgé de quatre ans, a violemment chuté alors qu’il avait visiblement escaladé les branches d’un arbre. Opéré d’urgence, celui-ci souffre d’une fracture dont il pourrait garder des séquelles.

"Après une longue recherche parmi les stages, nous avons sélectionné cette école pour son prix et parce que nous pensions que nos enfants seraient avec des surveillantes dignes de ce nom", écrit la maman sur Facebook. "Aucune des surveillantes n'a su me dire de quelle hauteur et comment il est tombé. Mon fils et les autres enfants sont visiblement restés trop longtemps sans surveillance . S'il s’était cassé quelque chose à la suite d’une chute d'une chaise ou d’une table, j'aurais pu le comprendre, les enfants sont imprévisibles ! Mais qu'il soit tombé d’un arbre, non !"

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Le compagnon est par ailleurs retourné sur les lieux de l’accident et a décidé de poster des photos et une vidéo du lieu d’accueil. "Comment peut-on laisser des enfants sans surveillance dans un tel endroit ? Je n’ai pas pu visiter les lieux à cause du covid, sinon je n’aurais jamais mis mes enfants là. Pour mon fils, il est trop tard, l'accident est arrivé. Mais je veux éviter à d'autres parents que cela n'arrive, je ne veux pas que l'histoire en reste là", prévient encore la maman, qui s’inquiète des conséquences de l’accident.

En effet, l'opération s'est bien passée et Lenny a pu quitter l'hôpital, mais des séquelles ne sont pas exclues. "Les images de la radio sont impressionnantes. En fait, les deux parties du bras n'étaient plus reliées, et le cartilage de croissance s'est retrouvé isolé. Le chirurgien a bien entendu fait son possible mais si ce cartilage de croissance ne se raccroche à rien et ne se regénère pas, mon fils gardera le bras d'un enfant de quatre ans toute sa vie. Lenny nous a clairement expliqué qu'il était dans l'arbre, à près de trois mètres du sol, avec un autre enfant qui, heureusement, ne s'est pas blessé." 

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De très nombreux messages de soutien ont été adressé au petit garçon et à ses proches. Certains témoignages semblent par ailleurs confirmer que l’encadrement des équipes laisse à désirer. "J'ai des témoignages qui arrivent d'un peu partout, y compris de personnes qui ont effectué des stages là-bas et qui ont déjà déposé des plaintes, sans que rien ne bouge. Un membre de ma famille a aussi témoigné qu'il y a deux ans, un petit garçon s'était retrouvé seul, le long de la Chaussée du Roeulx, après avoir quitté l'établissement sans que personne ne s'en rende compte. Il avait failli être renversé mais avait heureusement été récupéré par un monsieur qui s'était immédiatement arrêté."

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Contactée, la directrice de l’établissement défend ses équipes. "Il y avait cinq personnes pour un total de 19 enfants, le personnel était bien présent", explique Françoise Lisi. "L’enfant n’était pas dans l’arbre lorsqu’il a chuté, il n’aurait d’ailleurs jamais pu s’y hisser seul. Visiblement, son pied était coincé entre deux parties du tronc et il est tombé en arrière. Son bras s’est pratiquement retourné. Mes collègues ont fait très attention à ne pas empirer la situation et ont immédiatement appelé les parents pour savoir s’ils souhaitaient que l’on appelle une ambulance."

Selon la directrice, la maman est arrivée 15 minutes plus tard. "Elle a pris l’enfant par le bras et s’est énervée. Je peux bien entendu l’entendre, je suis moi-même maman. Mais l’inattention n’a duré que peu de temps, parce que mes collègues accueillaient un autre enfant. C’est le premier accident du genre qui survient dans notre établissement, qui est ouvert depuis 20 ans et qui est reconnu et contrôlé par l’ONE."


La directrice a, selon ses dires, tenté de reprendre contact avec les parents du petit garçon. "Ils ne donnent pas suite à mes appels. Je ne laisserai pas non plus les choses comme ça car il y a une véritable campagne de dénigrement qui est menée contre l’établissement. Certains parents ont pris notre défense, expliquant que leurs enfants venaient chez nous depuis des années sans qu’il n’y ait jamais rien eu à redire."

Quant aux images filmées et diffusées par la maman, la directrice ne cache pas que certains travaux doivent être entrepris. "Le toboggan doit être réparé, mais nous insistons sur le fait que cette partie du module n’est plus utilisée par les enfants, qui sont toujours encadrés par des adultes lorsqu’ils y jouent. Les palettes que l’on voit sont normalement utilisées pour faire un potager, mais le covid ne nous a pas permis de le faire cette année. Les caisses en bois ont quant à elles étaient entreposées afin d’être évacuées dans les prochains jours."

L’histoire ne devrait pas en rester là, les parents du petit garçon étant déterminés à "faire fermer l’établissement." Le petit garçon devra être réopéré dans deux mois pour que les broches soient enlevées et pour faire le point sur l'évolution de la fracture.