C’est un jour important pour les hôpitaux des régions de Mons-Borinage, du Centre, de l’ouest du Brabant Wallon et de la Thudinie. Le pôle hospitalier Jolimont, le CHU Tivoli et le CHU Ambroise Paré ont officiellement constitué leur réseau hospitalier, Helora. Une collaboration historique entre ces trois grands groupes d’hôpitaux habituellement en concurrence.

"Helora a été pensé suite à la loi, dit De Block, qui visait la constitution de 25 réseaux hospitaliers répartis sur le territoire belge", explique le président, Calogero Conti. "Mais c’est surtout le fruit de négociations interhospitalières et de réflexion pendant deux années. Le feu vert a été donné par les trois conseils d’administration et par les conseils médicaux. C’est extraordinaire de voir que nous avons dépassé les clivages historiques de nos hôpitaux."

Helora deviendra ainsi le premier réseau intégré de Wallonie, puisqu’à terme, les trois institutions vont fusionner pour ne faire qu’un. Ce réseau permettra ainsi de répondre davantage aux objectifs de la réforme, mais surtout aux besoins des patients. "Le nom Helora n’a pas été choisi au hasard", explique Calogero Conti. "Elora évoque la lumière et la puissance du soleil en grec. Un prénom féminin qui représente le rassemblement de ces entités hospitalières, en rajoutant la lettre H, avec la volonté de rayonner dans le paysage médical grâce à une stratégie commune."

Établie sur plus de 40 communes, cette association réunira huit sites hospitaliers avec plus de 9700 collaborateurs, 2900 lits et 57 salles d’opération. "C’est une extraforce de frappe que nous allons proposer dans ces prochaines années", ajoute Bernard Coulie, président du groupe Jolimont. "Nous allons plus loin qu’une simple coordination, l’objectif ultime est de créer de nouveaux hôpitaux pour mettre en avant notre expertise et garantir une très large accessibilité aux soins. C’est un projet ambitieux, mais raisonné."

À côté, 73 centres de prélèvements, polycliniques et centres médicaux seront développés avec près de 10 000 collaborateurs. Helora, c’est aussi des liens avec d’autres acteurs du secteur médical comme les médecins généralistes, les médecins indépendants, les infirmièr(e)s à domicile ou encore les kinésithérapeutes. "Avec la pandémie, et le raccourcissement de la durée des séjours, on sait à quel point est importante l’interaction avec la première ligne", poursuit Gaëtane D’Hoeraene du CHU Tivoli. "Notre volonté est d’articuler tout ce qui tourne autour des hôpitaux et d’intégrer nos partenaires comme les crèches, les maisons de repos ou encore les centrales de services à domicile."

Et pour arriver à la hauteur d’un tel projet, des infrastructures efficaces sont nécessaires. L’objectif, à l’horizon 2030, est de construire deux nouveaux hôpitaux, un sur La Louvière qui réunirait les activités du CHU Tivoli et de l’hôpital de Jolimont. L’autre serait sur Mons en regroupant l’hôpital de Mons du Pôle Hospitalier Jolimont et le CHU Ambroise Paré. Tous deux seraient d’une capacité avoisinant les 900 lits. "Nous souhaitons aussi reconstruire des hôpitaux périphériques comme ceux de Warquignies, Lobbes et Nivelles", déclare Marc Barvais, président du CHU Ambroise Paré. "L’hôpital de Tubize sera lui modernisé et rénové, mais serait consacré exclusivement aux activités ambulatoires et aux hospitalisations de jour."

À terme, le chiffre d’affaires du réseau pourrait atteindre le milliard. Le projet recevra une enveloppe de la Région wallonne à hauteur de 70% des investissements sur 35 ans. Les 30% restants seront eux débloqués par les hôpitaux eux-mêmes et leurs fonds propres. La fusion complète sera réalisée au plus tard en 2029, selon le président. Helora est donc plus qu’un projet médical.