La prolongation de la fermeture du secteur horeca parait de plus en plus intenable. De nombreux restaurateurs et cafetiers ont manifesté l'intention de rouvrir le 1er mai, comme le CODECO l'avait prévu. Bon nombre de personnalités politiques les soutiennent et insistent pour que cette promesse soit tenue. C'est le cas notamment de David Volant. Le premier échevin de Quévy plaide pour qu'une position commune soit adoptée au niveau de la zone de police qui comprend Mons également. L'idée serait ensuite d'appeler le gouverneur du Hainaut à suivre l'exemple liégeois.

Bourgmestre de Mons et président de la zone de police, Nicolas Martin attend beaucoup du comité de concertation de mercredi. "On ne sait pas encore ce qui sera décidé. À titre personnel, j'attends des décisions qui permettront de desserrer l'étau. Je ne perds pas de vue que l'épidémie est toujours en cours avec des chiffres qui restent élevés au niveau des hospitalisations et des soins intensifs. La réouverture des terrasses, si ce n'est pas encore une solution structurelle idéale, me parait tout de même défendable pour autant qu'on respecte les protocoles qui avaient été décidés. Il faut pouvoir réagir de manière graduée. Nous travaillons d'ailleurs à la remise en place de notre Plan Terrasses à Mons en réfléchissant à des solutions pour ceux qui n'ont pas cette option. L'idée serait de pouvoir installer ces établissements dans un espace pas trop éloigné. Nous recevons toutes sortes de demandes et tout n'est pas possible. Nous n'allons pas commencer à installer des tonnelles sur la Grand-Place par exemple. Mais nous voulons être assez flexibles pour trouver des solutions."

Reste à voir si le feu passera au vert lors du Comité de Concertation. La colère monte dans le secteur horeca et une prolongation du confinement pourrait s'avérer indigeste. "Je comprends tout à fait la détresse du secteur qui est confronté à des dépenses structurelles que les gens n'imaginent même pas", poursuit Nicolas Martin. "Le mieux serait que le CODECO entende les appels du terrain. S'il n'y a pas d'avancées, je vois la mobilisation du secteur, j'entends des bourgmestres s'exprimer, et mon intention ne sera pas de faire la chasse à ceux qui voudraient rouvrir, pour autant que les protocoles soient respectés. Il faut rappeler toutefois que les bourgmestres ne sont pas les seuls à diriger la police. Le Parquet a aussi la possibilité d'envoyer les forces de l'ordre pour constater des infractions. Je ne veux pas donner le sentiment qu'à Mons, à partir du 1er mai, on pourra raser gratis!"

Autrement dit, si le bourgmestre est prêt à camper le rôle du bon flic, le Parquet pourrait endosser celui du mauvais. Entre les appels à la réouverture, la grogne qui monte, les sorties médiatiques et autres positionnements politiques, l'horizon paraît quelque peu nébuleux à la veille du prochain CODECO. Le plus simple serait l'annonce d'un relâchement ou tout du moins, d'un changement de stratégie avec l'introduction du label covid safe. "J'ai plaidé au sein de mon parti pour une réouverture du secteur horeca et c'est la ligne défendue par le président du PS, Paul Magnette. Quant au label qui est proposé, nous sommes déjà en contact avec la fédération horeca pour pouvoir être le plus réactifs possible quand les choses se mettront en place. Les pouvoirs locaux doivent être des partenaires d'un projet de réouverture concertée, le plus rapidement possible", conclut le bourgmestre de Mons.