Cette année 2020 aura été couronnée de succès pour le Chant d'Éole. Le domaine situé au pied des éoliennes de Quévy a raflé l'or au London Wine Competition, au concours du Meilleur Chardonnay du Monde, au Frankfurt International Trophy en Allemagne ainsi qu'au Concours mondial de Bruxelles. Il est rare de voir un vin réaliser ce grand chelem, et un vin belge qui plus est…

"Les vins belges commencent à avoir une renommée internationale", se réjouit Hubert Ewbank du Chant d'Éole. "Les grandes maisons étoilées et les grands chefs demandent des produits belges. Les grands concours internationaux nous offrent une belle visibilité et nous pouvons affirmer que la Belgique fait de grands vins. D'ailleurs, beaucoup de pays ont des problèmes de commercialisation avec l'impact du covid. Mais pas la Belgique, car la demande est plus importante que l'offre."

La success-story du Chant d'Éole ne devrait pas s'arrêter en si bon chemin. Les vendanges battent leur plein et promettent un millésime exceptionnel. "Le taux d'acidité et le niveau de sucre sont impeccables. L'état sanitaire des vignes est également très bon. Nous travaillons en agriculture raisonnée et nous n'avons pratiquement pas dû intervenir", poursuit Hubert Ewbank.

Après les années difficiles de 2016 et 2017 marquées par un gel tardif qui avait affecté la production, le domaine de Quévy s'apprête à rempiler pour des cuvées prometteuses. Si aujourd'hui, les vins belges ont le vent en poupe, l'histoire viticole reste récente sur nos terres. Les ingrédients de ce succès fulgurant? "Il y a l'impact du changement climatique. Nous disposons en outre dans notre région du même terroir, très crayeux, que les grands crus de Champagne. Nous sommes également à l'écoute de nos clients. Avant d'établir la bonne recette, nous avons effectué de nombreux tests à l'aveugle pour trouver ce qui plaisait aux amateurs de bulles. Enfin, nous avons fait appel à des experts ultra-compétents et expérimentés comme Franck Mazy, Fabrice Wehrung ou German Mulet pour nous guider. C'est comme si vous demandiez à Guardiola de prendre en main une équipe de D5."

Les résultats n'ont pas tardé, sans surprendre ces experts venus de Champagne. "J'ai commencé à travailler très tôt avec le Chant d'Éole et je ne suis pas surpris par toutes ces récompenses. J'ai très vite compris qu'Hubert n'était pas là pour faire un vin, histoire de s'amuser. C'était du sérieux", se souvient Fabrice Wehrung, l'un des conseillers viticoles. Le mousseux de Quévy n'a pas volé son succès et séduit de plus en plus de palais affinés. "Je travaille avec 280 vignobles en Champagne, mais aussi dans d'autres pays. Quand on boit du Chant d'Éole, on a envie d'y retourner. On trouve par exemple en Europe de l'Est des vins plus lourds. Avec le Chant d'Éole, il y a une élégance et une finesse qui font que je pourrai passer toute la soirée avec", commente Frank Mazy.

Dans les restaurants étoilés de Belgique, mais aussi à certaines grandes tables de Shanghai ou Tokyo, le Chant d'Éole figure en bonne place sur les cartes. À quelques exceptions près, celles qui ne se refusent pas, le domaine privilégie tout de même sa clientèle belge. Et pour répondre à la demande croissante, il ne cesse de s'agrandir. Le Chant d'Éole a commencé avec 10 hectares. Aujourd'hui, le double est planté et 9 hectares supplémentaires le seront encore l'année prochaine. Le domaine ne tardera pas à occuper 40 des 50 hectares que compte le site. Et on investit au Chant d'Éole avec une enveloppe de 8 millions d'euros prévue pour 2021 et 2022 qui permettra notamment d'installer de nouvelles caves de vieillissement ainsi que de nouvelles cuves. "C'est la première fois qu'un vignoble belge investit autant. Nous voulons le top de la technologie pour maintenir notre produit au sommet", souligne Hubert Ewbank. On l'aura compris, le Chant d'Éole n'a pas finir de faire tourner les têtes.