Smaïn a été reconnu coupable de tentative d’assassinat. Les faits s’étaient produits en 2014, en plein centre de Mons !

Le tribunal correctionnel de Mons a condamné Smaïn à une peine de cinq ans d’emprisonnement avec sursis pour une tentative d’assassinat en plein centre de Mons.

Les faits s’étaient produits en 2014. Il faisait noir. Il était tard, environ 23 h 30. Mounir, patron d’un établissement situé sur la Grand-Place de Mons, venait de finir son boulot. Il se rendait à sa voiture, stationnée à la rue Neuve, une rue perpendiculaire à la place, juste à côté du BAM (Musée d’art moderne).

Alors qu’il se trouvait à proximité de son véhicule, un autre s’est arrêté à sa hauteur. Deux balles ont été tirées depuis celui-ci. Heureusement, ni l’une ni l’autre n’ont touché Mounir. Une des balles a toutefois abouti sur le véhicule du patron, l’autre sur une façade d’une maison située à proximité.

Mounir a, bien évidemment, été interrogé. Selon lui, l’auteur des coups de feu n’était autre que Smaïn, à qui il avait repris un établissement dans Mons. Selon Mounir, le fameux Smaïn aurait souhaité une reprise plus avantageuse.

Le suspect a toujours nié les faits. Selon lui, ce n’était pas possible qu’il soit l’auteur des coups de feu puisqu’il se trouvait dans la capitale française.

Des vérifications ont donc notamment été effectuées en France. Ce qui explique la longueur de l’enquête. Une enquête, qui, pourtant, selon Me Frank Discepoli, avocat de Smaïn, est empreinte de quelques manquements.

Frank Discepoli avait notamment mis en avant le fait que Smaïn n’avait jamais possédé le type de véhicule décrit par Mounir. Il avait également pointé le fait qu’il n’y avait pas eu d’étude concernant la poudre sur les habits de Smaïn, et surtout au sujet des déclarations de Mounir, clairement opposées.

Enfin, l’avocat avait expliqué que vu où le second tir avait abouti, il ne pouvait s’agir que de menaces.

Le tribunal n’a pas vu les choses sous le même regard. Il estime, en effet, que le second tir est tout à fait accidentel. Il est "parti" car l’arme s’est enrayée.

Par contre , le tribunal estime qu’il est évident que le premier tir avait pour but de toucher Mounir. La balle est, en effet, passée à 10 cm à peine de la gorge du cafetier.

Nous avions rencontré ce dernier avant l’audience des plaidoiries. Il nous avait précisé ne pas vouloir s’exprimer et ne pas être au courant que l’affaire allait passer devant le tribunal. "Enfin", s’était-il exclamé.