Ce vendredi, c’était journée d’actions syndicales dans toute la Belgique. Le front commun a voulu faire entendre sa voix pour exiger plus de pouvoir d’achat, à l’heure où les budgets des ménages sont mis à l’épreuve par l’augmentation générale des coûts, énergétiques en tête. A Mons-Borinage, la FGTB était de sortie pour taper sur le clou et rencontrer la population comme au marché hebdomadaire place du Marché au poissons.

"L’objectif est clairement de demander plus de pouvoir d’achat, par différents biais : le maintien de la TVA réduite à 6 % sur l’énergie, mais on insiste sur un élément important : la loi de 1996 qui empêche la libre négociation des salaires, qui empêche une entreprise qui a les moyens d’augmenter ses travailleurs de le faire", explique Steve Cheron, permanent syndical."En 2021 et 2022, la marge était de 0,4 %, ce qui représente quelques euros par mois, ce qui est ridicule, alors qu’il n’y a aucune limitation pour verser des dividendes aux actionnaires. Nous trouvons cela fondamentalement injuste. Là où c’est possible de négocier les salaires, il faut pouvoir le faire librement."

Une revendication inaudible pour les fédérations patronales, qui pointe l’indexation automatique des salaires. "Ce sont deux choses différentes. En dehors de ce mécanisme, on doit pouvoir donner la liberté de négocier de meilleurs salaires là où on réalise des bénéfices importants. Actuellement, ces entreprises ne peuvent, même si elles le veulent. C’est fondamental que syndicats et employeurs puissent négocier les salaires."

Le public réceptif

Ce matin, les chalands se montraient réceptifs selon les syndicalistes."Tout le monde est touché par les augmentations de prix et ils sont attentifs aux moyens que nous proposons. Il faut que le gouvernement y soit attentif." Les témoignages de travailleurs en difficulté se multiplient."Des personnes doivent parfois se faire porter pâle parce qu’elles ne savent plus mettre d’essence pour aller travailler. C’est prégnant dans un secteur comme les aides familiales, qui doivent se déplacer avec leur propre véhicule. Le remboursement de leurs kilomètres n’a pas été mis à jour. Cela se fait tous les mois de juillet, mais il faudrait le faire plus tôt car l’indice n’est plus à la hauteur du coût réel. Les gens ne savent plus mettre de carburant. Mais pour d’autres, c’est manger qui devient un problème."

Sur le marché, clients comme commerçants sont impactés :"certains commerçants nous ont dit qu’ils en ont pour 400 à 600 € de carburant par mois. Un autre problème, c’est le coût des marchandise. Un exposant nous disait que le prix de son conteneur est passé de 4000 à 11 000 € !" Une folie inflationniste qui met beaucoup de monde en difficulté.