On le sait, le nombre de médecins généralistes n'est pas suffisant dans l'arrondissement de Mons-Borinage. Cette pénurie est loin d'être propre à notre région. Dans l'ensemble, six communes rurales ou semi-rurales sur dix en Wallonie connaissent le même sort.

Chez nous, cette situation préoccupe la députée Jacqueline Galant (MR). En commission Santé du parlement wallon, elle a interrogé la ministre Christie Morreale sur l'évolution du nombre de médecins généralistes dans l'arrondissement. Et ce n'était pas une première.

L'année passée, Jacqueline Galant avait déjà interrogé la ministre de la Santé qui avait indiqué qu'une évolution positive était constatée dans cinq communes de l'arrondissement: Colfontaine, Dour, Frameries, Quévy et Jurbise. Jacqueline Galant confirme pour sa commune. Des jeunes médecins ont tendance à inverser la vapeur en s'installant dans des zones de pénurie avec le soutien de la prime Impulseo.

La tendance se poursuit depuis. "D'après le cadastre 2020 des médecins généralistes, on constate une évolution positive sur les 13 communes de l'arrondissement de Mons-Borinage", a expliqué la ministre Morreale. "Deux communes ne sont plus en pénurie, à savoir Mons et Quiévrain. Cinq le sont encore. Et deux communes sont toujours en pénurie sévère: Honnelles depuis 2018 et Lens depuis 2017."

Jacqueline Galant s'est également inquiétée du manque de dentistes. Mais pour cette profession, il n'existe pas de cadastre pouvant apporter des données fiables. La ministre s'en remet aux statistiques de l'INAMI. "Selon ces chiffres, ça varie de 8,5 dentistes pour 10.000 habitants à Quaregnon à 1,2 pour Quévy. Ces chiffres doivent toutefois être relativisés, car certains dentistes travaillent dans plusieurs cabinets", a précisé la ministre.

Si des mécanismes d'aide comme la prime Impulseo incitent avec succès des médecins généralistes à s'installer dans des zones de pénurie, le système semble difficilement transposable aux dentistes dont l'installation réclame des investissements beaucoup plus conséquents en raison du matériel spécifique. C'est ce qui ressort des concertations menées par Christie Morreale avec la plateforme de première ligne wallonne. Une autre piste a été étudiée pour rapprocher les dentistes du public qui en fait le moins l'usage: financer l'installation de dentistes au sein des maisons médicales. "Je l'ai proposé dans le plan de sortie de la pauvreté que le gouvernement wallon doit bientôt adopter. Ça permettrait d'avoir une meilleure accessibilité aux soins dentaires", a indiqué la ministre Morreale.

D'autres mesures devraient également être prises pour remédier à la pénurie des médecins généralistes et des dentistes. Mais avant de s'avancer, la ministre wallonne de la Santé attend les assises de la première ligne de soins qu'elle est sur le point de lancer. "C'est en réformant la première ligne dans son ensemble que les meilleures solutions pourront être apportées."

Notons enfin que la pénurie de médecins généralistes peut avoir des répercussions plus importantes qu'on ne le pense. Christie Morreale a en effet expliqué que les personnes qui n'avaient pas de médecin avaient moins tendance à se faire vaccine. On observe ainsi que le taux de vaccination est généralement plus bas dans les communes où il y a une pénurie de médecins généralistes.