Mons

Une peine de 15 ans de prison a été requise, lundi devant la sixième chambre du tribunal correctionnel de Mons, contre A.D.M, âgé de 45 ans, poursuivi pour tentative d'assassinat, séquestration et proxénétisme sur sa compagne. 

Les faits sont survenus à Saint-Ghislain en province de Hainaut. A.D.M est détenu préventivement depuis le mois de mai 2018. Il est en état de récidive après avoir été condamné deux fois par la cour d'appel pour des faits de violence, notamment sur sa compagne. Le 18 mai 2018, le prévenu aurait tenté de tuer sa compagne, retrouvée par une voisine, le visage ensanglantée et les mains attachées. Séquestrée dans une cave, elle avait réussi à se libérer après avoir reçu des coups de couteau.

A.D.M avoue lui avoir donné un coup-de-poing avant de se saisir d'un couteau, qu'il avait abandonné la veille dans un fauteuil, car elle voulait qu'il quitte la maison alors qu'il payait le loyer. Il lui a donné quatre coups de couteau, dont un a touché le ventre de la victime. La jeune femme, blessée aux bras en se défendant, a crié et son fils, qui dormait à l'étage, est descendu, stoppant le prévenu. Mais ce dernier est ensuite allé l'attacher dans la cave avec des colsons et il a appelé des proches.

Au sujet de l'exploitation à la débauche, le prévenu avoue qu'il s'occupait des petites annonces et que l'argent récolté servait au ménage. "Je ne suis pas un proxénète car je ne la forçais pas", insiste-t-il.

Me Bruno, avocat de la compagne qui s'est constituée partie civile, estime que les explications du prévenu ne correspondent pas aux éléments objectifs du dossier. "Elle a été retrouvée quasi morte et elle a encore été menacée de mort par le frère de monsieur, c'est odieux". Pour l'avocat, la thèse du "coup de sang" va à l'encontre du dossier répressif.

"Il a préparé cette violence en cachant un couteau dans le fauteuil, en prenant des colsons dans le garage. Elle doit son salut au fait que son fils s'est réveillé. Une fois attachée, il lui a mis une chaussette dans la bouche, il a éteint la lumière et il a fermé la porte. Dans un instinct de survie, elle est parvenue à prendre un briquet pour brûler les colsons et sortir de la cave". Pour l'avocat, l'intention d'homicide est établie, tout comme la détention arbitraire.

Le conseil ajoute que la prévention de proxénétisme, qui a duré cinq ans, est établie. "Il l'a connue mineure, il l'a emmenée dans des clubs échangistes, il publiait des annonces, il avait installé une webcam pour s'assurer qu'elle travaillait bien alors que lui était sur son lieu de travail, il décrochait le téléphone et donnait les tarifs".

Le procureur du Roi a suivi la plaidoirie de la partie civile, estimant que la version de la victime est corroborée par les éléments objectifs du dossier. "Le couple est ensemble depuis douze ans et ont un fils âgé de 8 ans. Quelques jours avant les faits, elle lui annonce sa volonté de se séparer. Comme il lui a dit, son destin était scellé".

L'arme du crime, un couteau muni d'une lame de 20 centimètres, a été retrouvée dans la cuisine.

Pour l'accusation, l'intention d'homicide est établie car il a déclaré devant le juge d'instruction qu'il avait visé le ventre. "Après les faits, il a agi avec un certain sang froid, prenant le temps de conduire son fils à l'école. Il a ensuite envoyé deux SMS, à sa fille et à la mère de celle-ci, trois heures après les faits. Il n'a pas eu l'attitude d'un homme qui regrette". L'accusation estime que la circonstance aggravante de préméditation doit être retenue.