Mons

Elle s'est inquiétée d'un loyer demandé à la chaine locale pour la location des locaux du Carré des Arts.

En 2015, un audit mené à la demande de la direction et du conseil d’administration mettait en lumière la situation financière très fragile de Télé MB. Une dette de 600.000 euros et un déficit structurel annuel de 150 à 200.000 euros avaient été révélés. La chaine de télévision locale avait dû être refinancée et restructurée grâce à l’injection de fonds provenant des communes de l’arrondissement et aux dispositions prises au niveaux fédéral et régional.

Aujourd’hui, la santé financière de Télé MB est plus saine… Mais suscite toujours quelques inquiétudes. La députée-bourgmestre Jacqueline Galant (MR) a ainsi interrogé le ministre des médias, Jean-Claude Marcourt (PS) quant au loyer demandé à Télé MB pour l’occupation des locaux du Carré des Arts, à Mons.

« Pour des raisons d’assurances, Télé MB a contacté la direction régionale du Hainaut de la direction générale des infrastructures (DGI) pour disposer d’une copie de la convention leur accordant cette fameuse occupation », a expliqué le ministre. « La DGI a répondu qu’aucun document officiel n’était en sa possession et a invité l’établissement scolaire à éclaircir la situation en matière d’occupation. »

Et de poursuivre : « C’est dans ce cadre, de manière transparente et en rapport avec les locations similaires de bâtiments scolaires, qu’un coût locatif hors charge de quatre euros par mètre carré et par mois, soit un loyer annuel de 57.000 euros, a été évoqué. Après plus de 20 ans d’occupation des lieux à titre gracieux, il faut reconnaitre que cette demande mettrait en péril l’équilibre budgétaire fragile de Télé MB. »

La chaine locale mais aussi des personnes de la région soucieuses de sa sauvegarde  avaient déjà interpellé le ministre. « Une réflexion est bien en cours entre les cabinets concernés pour proposer une solution entre les diverses parties et des pistes sont mises sur la table. » Une réunion sera prochainement organisée entre l’administration concernée et le cabinet de la ministre en charge des bâtiments scolaires, Marie-Martine Schyns (cdH).

Si le ministre a assuré être convaincu « qu’une solution raisonnable sera trouvée afin de permettre à la télévision locale montoise de poursuivre au mieux ses activités », Jacqueline Galant a de son côté estimé que cette réunion devrait se tenir aussi vite que possible, ajoutant que « ce loyer n’est supportable ni par la télévision locale, ni par les 13 communes de l’arrondissement », qui, rappelons-le, financent son fonctionnement.

David Flament, directeur général de Télé MB: "Ce loyer entrainerait un déséquilibre financier pour nous"

"Nous avons effectivement été interpellés par cette demande de l'administration du fonds des bâtiments scolaires parce que nous sommes installés depuis 18 ans et que jusqu’ici, il n’avait jamais été question de payer un loyer. Notre présence au Carré des Arts permettait de réhabiliter un lieu laissé à l’abandon via une collaboration entre plusieurs partenaires – le ministère de la culture, le fonds des bâtiments scolaires et l’asbl Télé Mons-Borinage. Chacun y a mis de sa poche pour rénover les lieux.

À son arrivée, l’asbl a construit ses studios non pas dans le Carré des Arts mais dans ce que l’on appelle le cube. Pour cela, il existe un bail. Pour la partie occupée à l’intérieur du Carré des Arts par contre, il ne semble pas exister de document signé. Payer un loyer entrainerait un déséquilibre de nos finances. Le refinancement dont nous avons bénéficié doit nous permettre de fonctionner normalement. Mais c’est l’équivalent d’un équivalent temps plein et demi. Dans notre plan financier, nous n’avons pas tenu compte de cet élément. S’il fallait l’intégrer, ce serait un problème.

Nous sommes en contact avec l’administration, nous avons soumis des propositions, comme le fait d’amender le bail existant avec le studio pour que la partie que nous occupons soit repris dans ce bail qui représente un euro par an. Cela nous permettrait d’être couverts par les assurances et de continuer à fonctionner comme c’est le cas actuellement. Nous devons désormais attendre, voir si nous obtenons un écho favorable. Jusqu’ici, nous n’avons pas eu de nouvelles."