Ces derniers jours, les bourgmestres de la région n'ont pas hésité à utiliser l'initiative laissée par le Conseil national de sécurité et l'Etat fédéral. Chacun ou presque a pris un arrêté étendant le port du masque à certaines rues ou a décidé d'annuler les prochains événements initialement prévus. Mais est-ce la bonne manière de fonctionner ? Cela ne facilite en tout cas pas le travail des forces de l'ordre qui doivent jongler entre toutes ces mesures.

"Selon moi, il est préférable de travailler par zone de police", estime Jacqueline Galant, bourgmestre de Jurbise et présidente de la zone de police Sylle et Dendre. "Même si chaque commune possède ses spécificités, nous devons essayer que les décisions soient les plus uniformes. Si chacun lance sa petite disposition, les policiers ne vont plus s'en sortir. Ils devront bientôt prendre un manuel d'utilisation et une carte d'orientation pour savoir ce qui est autorisé et à quels endroits. En tant que politique, nous devons faciliter le travail des policiers."

Dans la zone de police Sylle et Dendre, les événements au sein des six communes ont été annulés pour les prochaines semaines. Quant au port du masque, il est uniquement obligatoire dans le centre d'Enghien. "Les autres communes sont plus rurales et ne nécessitent pas forcément de telles mesures", poursuit Jacqueline Galant. "Lors de la réunion organisée avec tous les bourgmestres du Hainaut ce mardi, certains ont émis leur volonté d'annuler tous les événements de la province. Je ne trouve pas cela judicieux car chaque endroit est différent. Il faut davantage fonctionner par zone de police."

Une manière, selon elle, d'aider les policiers à y voir plus clair mais aussi de leur laisser davantage de temps pour leurs autres missions. "Non seulement, ils ont leurs missions de contrôles pour le Covid-19 mais ils en ont d'autres. On leur demande parfois tellement de choses à gérer qu'ils passent à côté d'autres missions comme les vols et la violence alors que ces faits sont en augmentation. Ajoutons à cela les problèmes de circulation par exemple."

La bourgmestre de Jurbise en appelle aussi à la responsabilité des citoyens. "Les policiers n'ont pas à aller surveiller si chacun respecte sa bulle et on ne peut pas en mettre à tous les coins de rue. Il faut que les citoyens soient responsables, prennent conscience de l'importance du respect des règles et fassent leur auto-discipline. Idem dans l'Horeca : ce sont les patrons qui doivent faire en sorte que les règles soient respectées, pas les policiers."