Ce n'est pas la première fois que John Joos, président de Toit&Moi et Pascal Lafosse, administrateur de la société de logements, se prennent le bec. Mais la dernière passe d'armes qui s'est déroulée au conseil d'administration pourrait avoir de lourdes répercussions.

Comme le rapportent nos confrères de La Province, Pascal Lafosse a décidé de déposer une motion de méfiance contre le président de Toit&Moi lors du prochain CA. C'est la vente du bâtiment qu'occupe la société à la place du Chapitre qui a mis le feu aux poudres. "Nous devions avaliser la vente du bâtiment à la Fondation Gouverneur Emile Cornez qui était seule candidate", explique Pascal Lafosse. "À la demande de John Joos, nous avions refait une expertise du bâtiment et la Fondation avait adapté son offre à l'estimation de 925.250 euros. Les procédures de vente avaient été validées par la Société wallonne de Logements. Tout était en ordre. Mais au dernier moment, John Joos s'est opposé à la vente. Il nous a sorti un lapin du chapeau, en disant qu'il était en contact avec un autre candidat acheteur dont nous ne connaissons rien."

Pour Pascal Lafosse, c'est la goutte de trop. "Cette obstruction ne tient pas la route. Et ce n'est pas la première fois. J'estime que John Joos veut imposer ses décisions et qu'il n'est pas capable de gérer correctement un conseil d'administration", assène le socialiste.

Celui qui est visé par la motion de défiance s'interroge sur la pertinence d'une telle procédure. "Je n'ai rien contre la vente à la Fondation Cornez, mais je ne vois pas en quoi vouloir ouvrir une vente publique à un maximum de candidats serait une faute. Je ne fais que mon travail de président", réagit John Joos. "Comment Pascal Lafosse compte-t-il appuyer sa motion? Les autres administrateurs vont-ils le suivre?"

Issu du Mouvement Citoyen, John Joos s'était présenté sur la liste PS lors des dernières élections communales comme candidat d'ouverture. Fort de son score à l'issue du scrutin, il espérait pouvoir intégrer le collège et assumer notamment la compétence de la participation citoyenne, son cheval de bataille. Mais le nombre de voix ne vaut que pour la désignation du bourgmestre et Marie Meunier a été préférée au candidat d'ouverture. La présidence de Toit&Moi lui a alors été confiée. Lorsque le collège a été remanié à la suite du départ à la retraite de Marc Darville, c'est Stéphane Bernard qui a été appelé pour le remplacer. John Joos ne s'est pas gêné pour faire part de son mécontentement.

Ainsi, bien qu'il siège au conseil communal sur les bancs de la majorité, le candidat Citoyen a gardé une certaine autonomie qui tranche avec la discipline qui règne habituellement au sein des partis. La motion de méfiance qui sera déposée par Pascal Lafosse est-elle l'occasion attendue pour écarter l'électron libre. "Si le PS veut m'éjecter, qu'il le fasse proprement", commente John Joos. "J'ai des contradictions avec Pascal Lafosse, mais je m'entends très bien avec les élus de la majorité et les autres administrateurs. J'espère qu'exercer ses droits démocratiques ne pose pas de problème à la majorité. On aurait alors un très gros problème et cela aurait des répercussions au conseil."

Cette motion de méfiance sonne-t-elle le glas de l'idylle entre le PS et le Mouvement Citoyen? De son côté en tout cas, Pascal Lafosse nous assure ne pas avoir concerté son parti. "C'est une réflexion de ma part, ça s'est fait à chaud, car j'estime que John Joos sort des procédures. Mais ce n'est pas moi qui décide de toute façon le conseil d'administration de Toit & Moi sera amené à se prononcer sur la motion."