Mons Le dossier a été porté en justice mais Tabula Rasa a bon espoir.

En novembre dernier, l’histoire de Jessy et Rebelle faisait grand bruit, suscitant l’émoi dans la commune de Jurbise et au-delà. Pris en charge quelques mois plus tôt par l’ASBL lensoise Tabula Rasa, les deux chevaux n’avaient plus que la peau sur les os. Et pour cause : ils n’étaient plus du tout nourris par les personnes à qui ils avaient été confiés.

Si dans un premier temps, le refuge avait collaboré avec l’administration communale de Jurbise, les choses avaient tourné au vinaigre. La propriétaire légitime des deux équidés avait obtenu de la bourgmestre le droit de les récupérer, ce qui avait entraîné une levée de boucliers dans le monde de la protection animale. D’emblée, Tabula Rasa avait annoncé son intention de porter le dossier en justice pour obtenir la propriété définitive des deux pensionnaires.

Aujourd’hui, Rebelle et Jessy sont toujours hébergés au refuge. "La propriétaire ne répond pas aux courriers de notre avocate et ne donne plus signe de vie. La procédure judiciaire est lancée mais nous savons que cela peut prendre du temps. Nous nous sommes volontairement faits plus discrets mais nous espérons pouvoir annoncer prochainement qu’ils ne seront jamais rendus à leur propriétaire", annonce Kelly Josse, présidente de l’ASBL.

Rendre les chevaux à la propriétaire n’était, pour cette dernière, pas une option. "Nous n’avions pas d’autres choix que d’aller en justice. Nous ne pouvions pas concevoir de les rendre à une propriétaire récidiviste, nous ne voulions pas de ce retour en arrière. Imaginer les sortir de l’enfer durant deux mois avant de les y remettre n’était pas envisageable. Ce serait contraire à tout ce que nous faisons au quotidien !"

Les deux équidés se remettent peu à peu sur pied. "Rebelle va très bien, il est franc et n’a aucune crainte envers l’humain, il est particulièrement affectueux. Par contre, Jessy reste traumatisée. Elle commence peu à peu à donner sa confiance aux gens qu’elle connaît et qu’elle voit tous les jours. Mais le contact reste difficile, elle est sur la défensive et craint l’homme. La remettre en confiance prendra du temps même si nous y travaillons déjà." En 2018, 14 équidés ont été pris en charge par Tabula Rasa.