C’est un véritable cri de détresse que lance l’équipe de l’asbl montoise Brise Le Silence. Active dans l’aide aux victimes de violences sexuelles, cette dernière risque en effet de ne pas pouvoir poursuivre ses activités, pourtant indispensables. D’ici quelques jours, l’association se retrouvera sans personnel ni bénévoles et donc dans l’incapacité de prendre en charge les victimes.

"Nous ne bénéficions d’aucun subside structurel et sans aide, nous ne pourrons pas renouveler les contrats de nos deux employés pour les fonctions de secrétaire et psychologue pour l’année 2021", explique Pascal Urbain, présidente de l’asbl. "Nous ne pouvons pas non plus compter sur nos 15 bénévoles car ceux-ci ont déjà un emploi et ne peuvent pas prendre le risque d’être contaminés par la covid-19."

En d’autres mots, si les contrats des employés ne peuvent pas être renouvelées, plus personne ne sera disponible pour répondre aux sollicitations. "Cette année, 420 personnes différentes ont appelé. Il faut ajouter à ce chiffre les innombrables e-mails que nous recevons chaque jour. Nous sommes sollicités de toute part, par les victimes directement ou par des proches qui souhaitent des renseignements."

Le problème est, comme trop souvent, purement financier. "Nous ne pouvons pas prendre le risque de renouveler des contrats que nous ne pourrons peut-être pas honorer. Pour cette année 2021, nous ne savons pas si nous pourrons compter sur un subside, et si la réponse est positive, à quelle hauteur. Un euro, 50 000 euros, 100 000 euros ? Nous ne savons pas."

La situation dramatique que vit l’équipe de l’association a évidemment attiré l’attention. "Notre appel à l’aide a été vu par de très nombreuses personnes. Beaucoup se sont manifestées discrètement pour nous apporter leur soutien. Certaines ont proposé de lancer une pétition ou de vendre des produits comme des galettes en notre faveur. La solidarité citoyenne est magnifique, mais malheureusement insuffisante…"

Seule une intervention des pouvoirs publics permettrait de sauver la structure, ouverte en 2015. Conscients que l’échéance du 7 janvier approche à très grand pas, certains élus locaux se sont manifestés. "Je n’étais pas au courant de la situation, je viens d’en prendre connaissance, mais j’ai déposé une question d’actualité au gouvernement", précise Jacqueline Galant (MR), députée wallonne.

"J’espère que ma question sera retenue afin que nous puissions faire le point. Plus que jamais, les missions de Brise Le Silence sont indispensables mais effectivement, il faut qu’ils en aient les moyens." De son côté, Joëlle Kapompole (PS), a rencontré Pascale Urbain ce lundi. La députée montoise devrait se pencher sur le dossier de demandes de subsides de l’asbl afin de voir ce qu’il y a lieu de faire.

Rien n’est donc perdu mais le temps presse… Et les victimes de violences sexuelles courent bien le risque se retrouver plus démunies que jamais face à leurs traumatismes.