Selon l'avocat, l'enquête a été faussée en raison de la liaison entre le chef d'enquête et la compagne de Marwane Hammouda, lequel a chargé son client à plusieurs reprises lors de l'enquête. Me Discepoli a plaidé l'effet domino. En déclarant les poursuites irrecevables en faveur de Marwane Hammouda, le premier juge aurait dû faire la même chose pour le boxeur Farid Hakimi.

Lundi, dans son réquisitoire, le procureur fédéral avait demandé à la cour de ne pas en tenir compte car rien ne reliait la compagne de Marwane Hamouda à Farid Hakimi.

Subsidiairement, l'avocat a plaidé l'écartement des pièces rédigées par le chef d'enquête, soit neuf pièces sur dix du volumineux dossier répressif. Pour l'avocat, un juge doit avoir le courage de jeter un dossier si l'enquête a été menée de façon déloyale.

Selon Me Discepoli, Farid Hakimi était "l'homme à abattre" dans ce dossier et le chef d'enquête a tout fait pour l'enfoncer. Le pénaliste regrette que d'autres pistes n'aient pas été exploitées et que les alibis de son client n'aient pas été vérifiés.

L'avocat a remis en question la condamnation relative aux faits de vol avec violence commis en mars 2017 à Lasne, chez l'ancien compagnon de Vanessa Colassin, alors en couple avec Stéphane Pauwels. Le premier juge avait estimé qu'il était impliqué dans ce vol car un plan des lieux a été retrouvé chez lui. Selon la défense, cela ne prouve rien.

Lundi, le procureur fédéral avait requis vingt ans de prison contre le boxeur pour les vols avec violence et le trafic de stupéfiants. Pour l'accusation, c'est bien le boxeur qui organisait toutes les attaques à main armée pour lesquelles il a été condamné en première instance et le trafic de drogues. "Il recrutait les gens, avait autorité sur eux et leur donnait des instructions, même depuis la prison", avait insisté le procureur.

Une peine distincte de deux ans a été requise pour une agression commise dans une discothèque, contestée par la défense. Au sujet des deux peines, l'avocat de la défense a précisé que son client n'a jamais délinqué avant ses vingt-sept ans. "Il aurait pu rêver des Jeux olympiques mais cela est terminé pour lui", a-t-il déclaré.

Lors de l'instruction d'audience, le boxeur a déclaré qu'il n'a pas compris ce qui lui arrivait et qu'il n'était plus le même homme. Son avocat a conclu sa plaidoirie en déclarant qu'il n'avait plus fait parler de lui depuis sa sortie de prison. Farid Hakimi est encore sous surveillance électronique. Son avocat a plaidé une peine de moins de dix ans dans le cas où les poursuites seraient déclarées recevables.