Le Comité de Concertation se réunit mercredi pour décider d'assouplir ou de maintenir les mesures de confinement. S'il y a bien un secteur qui est suspendu à cette prochaine réunion, c'est l'horeca.

Sa réouverture avait d'abord été envisagée en avril avant d'être repoussée en mai. C'était il y a plus d'un mois. Entretemps, les chiffres de l'épidémie sont repartis à la hausse et le dernier comité avait décidé d'un nouveau tour de vis. Un effort justifié notamment par la volonté de pouvoir maintenir la réouverture de l'horeca pour le 1er mai.

Ce mercredi, les autorités rendront leur verdict. Les efforts demandés n'ont pas eu un effet bœuf sur les courbes de la pandémie. L'occupation des lits en soins intensifs notamment reste importante. Le nombre d'admissions à l'hôpital a tout de même reculé de 5% par rapport à la semaine dernière. Quant au taux de reproduction, il est tout juste établi en dessous de 1, à savoir 0,99. Les nouvelles ne sont pas spécialement bonnes, ni spécialement mauvaises. Reste à voir comment le comité de concertation va se positionner. Le secteur horeca est en tout cas décidé à faire pencher la balance du bon côté. Un mouvement a été lancé en Wallonie. À travers des capsules vidéo, cafetiers et restaurateurs manifestent leur intention de rouvrir le 1er mai, quoiqu'il arrive.

La Cité du Doudou a pris part au mouvement. Avec le #IMAY, une vidéo circule sur les réseaux sociaux. On peut y voir des dizaines de professionnels annoncer la couleur. Témoignant de l'impact désastreux du confinement et exprimant l'ardent désir de retrouver leur clientèle, cafetiers et restaurateurs indiquent sans ambages qu'ils rouvriront leurs portes le 1er mai.

La démarche est soutenue par la fédération horeca du Hainaut. "Le message n'incite pas à désobéir", introduit prudemment Luc Marchal, président de la fédération. "Mais nous nous basons sur les annonces faites lors du précédent CODECO. Ainsi que sur les déclarations de différentes personnalités politiques. Évidemment, la réouverture pour le mois de mai est davantage un but qu'un acquis. Mais nous ne voyons pas en quoi le virus se propagerait plus dans l'horeca qu'ailleurs."

Si le président de la fédération hainuyère s'appuie sur les déclarations de politique, il peut aussi compter sur l'avis d'experts. Nathan Clumeck, Marius Gilbert et Leila Belkhir ont invité les autorités à revoir leur stratégie avec notamment l'introduction d'un label "covid safe". Il permettrait à ceux qui peuvent appliquer un protocole bien défini de rester ouverts, plutôt que de passer par la fermeture indistincte de tout un secteur. "Et ça peut aller très vite à mettre en place", embraie Luc Marchal. "Évidemment, si on crée un nouvel organisme à l'échelle nationale, ça va durer dix ans. Mais on peut passer par les pouvoirs locaux pour contrôler l'application de protocoles qui sont déjà bien avancés. Tout le monde est partant dans le secteur, pourvu que le travail reprenne. La seule chose que nous demandons, s'il faut passer par des investissements coûteux pour le contrôle de l'air par exemple, c'est une intervention des pouvoirs publics. Ce qui est logique, car cela relève de la santé publique."

Reste à voir comment le CODECO se prononcera mercredi. Une chose est sûre, la mobilisation importante a mis l'horeca à l'ordre du jour. La bride pourrait être relâchée pour les terrasses dans un premier temps. "Nous avons sondé le secteur. Nous représentons plus de 250.000 personnes, sans compter les intérimaires et autres fournisseurs. Il nous semble compliqué de ne rouvrir que les terrasses. Ça reste lié à la météo et c'est très aléatoire. Par ailleurs, ça pénaliserait tous les établissements qui ne peuvent pas installer de terrasses. Enfin, il est plus facile de veiller au respect des règles en salle qu'en extérieur."

Faut-il s'attendre à une révolution de l'horeca si la réouverture est reportée? "Oui. Après un si long arrêt, les gens veulent travailler. Les aides peuvent paraitre suffisantes pour certains, mais pour beaucoup d'autres, elles ne permettent pas d'atteindre un équilibre financier. Il faut reprendre en respectant les règles, car la fermeture n'est pas tenable sur une si longue période. Ça ne sert à rien de prendre des mesures qui ne peuvent plus être tenues."