Mons

Il sera officiellement lancé dans les prochaines semaines.

Véritable problématique de société, le harcèlement échappe par nature au contrôle des adultes. Difficile donc d’obtenir des chiffres. Mais le phénomène touche toutes les sphères et frappe tant dans l’enseignement primaire et secondaire que dans les universités ou sur le lieu de travail. Pour aider les personnes qui en seraient victimes sur ses différents campus, l’Université de Mons a décidé d’agir et de développer un mécanisme anti-harcèlement.

Il s’agit en réalité d’un système d’alerte que la victime peut déclencher lorsqu’elle en éprouve le besoin et se sent prête. "Nous avons connu quelques cas isolés mais nous sommes surtout dans la prévention, pas dans la réaction", précise d’emblée Pierre Cornut, conseiller au recteur pour les affaires étudiantes. "Nous savons que le harcèlement existe et que l’université n’est pas épargnée par le problème. Nous voulions donc initier une démarche pro-active et offrir à ceux qui en auraient besoin un dispositif efficace."

Concrètement, via ce dispositif, la victime pourra entrer en contact avec d’autres étudiants, des pairs, ou avec des personnes relais, c’est-à-dire des membres du personnel. "Deux étudiants par faculté et le personnel qui participent à ce projet sont depuis peu spécialement formés pour assurer ce rôle d’écoute active. Une fois le problème entendu et la victime rassurée quant au fait que désormais, c’est terminé, l’information remonte auprès du premier vice-recteur. Le problème n'est plus celui de la victime mais bien celui de l'université."

Se déclenche alors une procédure de recadrage souple vis-à-vis de la personne incriminée. "Il n’y a pas d’accusation. Il s’agit plutôt de comprendre, d’éventuellement faire prendre conscience de la souffrance provoquée par certaines paroles, certains comportements et d’y mettre fin. Bien souvent, le harcèlement va s’arrêter là. Mais si cela s’avère nécessaire, une procédure de recadrage ferme peut être enclenchée. Il s’agit d’une dernière chance avant le lancement d'une procédure disciplinaire."

Les 18 étudiants spécialement formés en tant que "pairs" disposeront d’un téléphone fourni par l’université et se relaieront pour assurer une écoute en cas de besoin. Au niveau du personnel, trois personnes relais sont désignées. "Il s’agit vraiment de tuer le harcèlement dans l’œuf. Nous savons que des cas existent sur les campus, même s’ils ne reviennent que rarement à nos oreilles. Malgré tout, nous ne voulions pas attendre d’y être confrontés pour réfléchir à la meilleure façon d’intervenir."

Le dispositif devrait être officiellement lancé dans les prochaines semaines. "Nous ne voulons surtout pas lancer quelque chose qui n’est pas totalement opérationnel. Nous prenons donc notre temps afin d’être certains que le système est au point", insiste encore Pierre Cornut. Suivra alors une importante campagne de communication afin que toutes les victimes potentielles soient averties des possibilités qui s’offrent à elles pour sortir d’une situation de souffrance aux conséquences parfois dramatiques.