Du haut de ses 102 ans, Josepha Delmotte a donné le coup d'envoi de la campagne de vaccination wallonne ce lundi. Les premières doses ont été administrées à la maison de repos de Bouzanton, à Mons. 108 vaccins étaient commandés, 86% des résidents et du personnel ont décidé de franchir le cap.

L'institution montoise essuie les plâtres. Dès le 5 janvier, les autres maisons de repos de Wallonie devraient suivre. "Tout dépendra de la disponibilité des vaccins. Si nous recevons les doses comme prévu, nous commencerons la campagne le 5 janvier avec une dizaine d'institutions et nous monterons crescendo pour vacciner toutes les maisons de repos wallonnes sur trois semaines", indique Christie Morreale, ministre wallonne de la Santé.

Le secteur hospitalier emboîtera alors le pas aux maisons de repos. Suivront les tranches d'âges à risque. "Nous espérons que dans les six mois qui viennent, il n'y aura pas d'accident et que nous pourrons vacciner un maximum de personnes. Mais ça ne se fait pas en un claquement de doigts", prévient Elio Di Rupo, ministre-président de la Région wallonne. "Il faudrait pouvoir vacciner 75% de la population belge. Cela représente des millions de personnes. Des problèmes logistiques vont être résolus pour que la campagne soit optimale. Nous avons en tout cas l'espoir de maitriser le virus et de reprendre une vie plus normale."

D'après les sondages, des Belges sont encore réticents à l'idée de se faire vacciner contre le coronavirus. "Le vaccin est l'une des découvertes les plus importantes, il nous permet de vivre mieux qu'il y a une centaine d'années", réplique Elio Di Rupo. "Les vaccins nous ont permis de survivre à des maladies comme la polio, l'hépatite B ou la coqueluche. Nous ne serions peut-être pas là aujourd'hui sans les vaccins."

Du côté de la maison de repos de Bouzanton en tout cas, la grande majorité des résidents et du personnel s'est laissée convaincre. "Il y a trois semaines que nous avons entamé le débat", confie Benjamin Torrekens, directeur de la maison de repos. "Nos équipes en ont discuté avec les résidents et leurs familles. Au sein du personnel aussi, il y a eu des débats. Mais une bonne dynamique de groupe s'est installée. Nous avons aussi pu visionner le webinaire de l'Aviq qui est très bien fait. Il devrait être vu par la majeure partie de la population, c'est plus instructif que les réseaux sociaux."

Enfin, ce qui a pesé dans la balance dans cette maison de repos, c'est la possibilité de tourner la page covid. "Nous vivons un enfer depuis neuf mois, les gens sont pris en otage. Nous avions un besoin de réelles solutions et le vaccin en est une. Pour nous, c'est le plus beau cadeau de Noël. J'espère qu'aujourd'hui, c'est le début de la fin d'une guerre", conclut le directeur de la maison de repos.