Le conseil provincial a été quelque peu chahuté ce mardi. Une importante délégation de la CGSP-ADMI s’y est invitée pour soutenir le personnel provincial que le syndicat estime menacé par les mesures d’austérité en préparation.

Pour rappel, à la suite de la réforme du financement des zones de secours, la Province du Hainaut va devoir dégager entre 45 et 60 millions d’euros pour s’acquitter d’une nouvelle charge que le gouvernement wallon lui a imputée, contre son gré. Pour y parvenir, le collège provincial a lancé une vaste campagne de réflexion impliquant les agents de son administration. Il s’agira, pour trouver l’argent nécessaire, de revoir les missions de la Province, de ne pas remplacer les départs à la retraite ou encore de se montrer "créatifs". Bref, c’est une sacrée cure d’austérité qui s’annonce. Mais la Province, couche menacée de disparition dans la lasagne institutionnelle, se dit qu’elle y joue probablement sa survie. Le collège a par ailleurs tracé une ligne rouge : pas de licenciements.

De son côté, la CGSP n’y croit pas. Le secrétaire interrégional Laurent Dufrasne a pris la parole lors du conseil provincial mardi. Et il n’a pas manqué de fustiger par des allusions à peine voilées le ministre-président wallon, Elio Di Rupo. Le syndicaliste a évoqué son "cœur qui saigne" pour le personnel provincial ou encore un "effet papillon" au sujet des accords sur le financement des zones de secours. "En exigeant que la Province du Hainaut intervienne à 60 % dans le financement des zones de secours, des pertes d’emplois sont inévitables", a déclaré Laurent Dufrasne. Il estime que la Province est clairement menacée.

De son côté, le président du collège, Serge Hustache, soutenu par les groupes PS et MR de la majorité, a rappelé qu’il n’était pas question de toucher à l’emploi. Il souhaite pouvoir baser la réforme sur des chiffres clairs et limités. Il réclame également que les provinces soient délestées du poids de la prise en charge du second pilier de pension dans les pouvoirs locaux, ce qui représente 13 millions d’euros. Le collège soutient enfin que la Province a "plus que jamais un rôle à jouer".

Ce mardi, la CGSP-ADMI est-elle venue tirer sur l’ambulance ? Le syndicat appelle en réalité les représentants politiques de la Province à soutenir son combat pour le maintien de cette institution et de son personnel, mais aussi de services publics de qualité pour les citoyens. Et le combat s’annonce long, mais le syndicat se dit déterminé. Jeudi, la CGSP-ADMI compte se faire entendre auprès du gouvernement wallon.