Et si la Flandre assouplissait ses mesures corona avant la Wallonie ? C’est en tout cas l’éventualité soulevée par le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA), ce dimanche sur la VRT. L’homme politique a notamment parlé du taux de vaccination supérieur dans le nord du pays, à celui des deux autres régions. Plusieurs partis francophones ont dénoncé cette sortie médiatique, ce lundi.

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Et la classe politique n’est pas la seule à réagir au lendemain de ces déclarations. À Mons, Jean-Louis et Rose-Marie sont révoltés à l’idée d’une différence de mesures entre les régions. Cela fait maintenant un an que tout le monde fait des efforts, Flamands, Bruxellois ou Wallons", déclare Rose-Marie. " Nous ne voyons que très rarement nos petits enfants. Ils nous manquent et on ne peut pas accepter que les seniors flamands soient autorisés à voir leurs petits enfants avant nous. On fait notre job, maintenant c’est aux politiques à faire le leur."

Rose-Marie, 71 ans, a reçu sa deuxième dose ce lundi, au centre du Lotto-Mons Expo. Mais contrairement à elle, son mari de 59 ans n’a toujours pas eu sa convocation pour sa première dose. Pourtant, Jean-Louis fait également partie des prioritaires, puisqu’il est atteint d’une comorbidité. "Il est diabétique sévère, et reçoit quatre piqures d’insuline par jour", explique Rose-Marie. "Il possède un code d’activation transmis par la mutuelle depuis le 1er avril, ce qui signifie qu’il est reconnu comme personne à comorbidité . Depuis, plus aucune nouvelle. C’est vraiment difficile à comprendre."

Mais ce qui énerve réellement le couple, c’est la communication des politiques. "Je vois dans la presse des déclarations de la ministre Morreale, et j’en passe, annonçant que le rythme de vaccination est élevé, mais que les Wallons sont réticents", poursuit Rose-Marie. "Ce n’est pas vrai ! Les Wallons sont toujours pointés du doigt, c’est trop facile. Une fois, c’est à cause de nous et l’autre, c’est l’arrivée retardée des vaccins . Les Flamands n’ont pourtant pas accès avant nous aux doses, si ?"

Pour ces Montois, les autorités wallonnes manquent de réactivité et sont à la traine. C’est pourquoi Rose-Marie a souhaité s’adresser à la ministre wallonne. "Je suis extrêmement déçue de sa réponse", déplore Rose-Marie. "Elle m’a écrit que le groupe prioritaire en ce moment était les plus de 65 ans, mais mon mari représente tout de même un cas sérieux. J’en attendais plus." Le couple espère tout de même recevoir la convocation dans les prochains jours, pour pouvoir profiter des terrasses montoises autour d'un verre.