Cela fait des années que les communes tirent la sonnette d'alarme quant à leurs finances. Il y a notamment les demandes aux CPAS qui explosent. Ou encore d'autres missions qui pèsent sur les budgets et où les manquements du fédéral se font sentir. C'est le cas des zones de secours.

Pour offrir une bouffée d'oxygène aux pouvoirs locaux, le gouvernement wallon a sorti du chapeau de sa déclaration de politique régionale une idée qui paraît toute simple: transférer 60% du financement communal des zones de secours vers les Provinces d'ici 2024. Mais dans le Hainaut, la proposition est loin d'apparaître comme un trait de génie.

Le collège provincial vient de confirmer avec force son opposition au transfert, craignant une inflation immaîtrisable. ""La dernière note du Gouvernement wallon datant de juillet n’est pas de nature à nous rassurer", dénonce Serge Hustache, président du collège provincial. "On y découvre une évolution du coût des zones de secours en 2024 totalement ingérable pour le Hainaut. D’une première note en mars 2020, où ce coût était estimé à 44,6 millions d'euros, la dernière note fait état d’une augmentation de 15 millions d’euros pour 2024 !... Soit un montant de 59,2 millions d'euros qui représente la totalité de nos frais de fonctionnement. Ces chiffres évoluent en outre sans que nous ayons le moindre détail sur le budget des zones de secours. Pareille réforme est une pure folie immaîtrisable basée sur des données imprécises, ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir de nos finances provinciales."

Le Président du Collège provincial constate qu’alors que le Fonds des Provinces se réduit, le montant à consacrer aux zones de secours augmente, particulièrement en Hainaut. Ce qui posera un vrai problème juridique à terme. "Tout porte à croire qu’au vu de l’évolution des coûts des zones de secours, le montant affecté à leur financement aura dépassé le Fonds des Provinces bien avant 2024. Ce dépassement est non seulement contraire au respect de l’autonomie fiscale, mais également en contradiction avec la loi fédérale sur la sécurité civile. L’intervention des Provinces doit donc se limiter strictement au Fonds des Provinces".

Et Serge Hustache d’en appeler donc à un mécanisme de contrôle rigoureux des budgets des zones de secours et à une représentativité provinciale dans les structures de gestion à la hauteur de sa participation au financement.

Alors que la réforme des zones de secours s'est révélée particulièrement problématique dans la région Mons-Centre, ce cri d'alarme provincial retentit de manière inquiétante.