Mons

L'accord de gouvernement wallon prévoit un passage des communes aux provinces. Le Hainaut a déjà pris les devants. 

Aujourd’hui, les zones de secours sont financées par les communes et le fédéral. Mais cela pourrait changer. L’accord de gouvernement présenté par la coalition arc-en-ciel évoque en effet l’intention d’alléger les pouvoirs communaux en faisant passer progressivement le financement aux provinces.

L’idée ne sort pas de nulle part. Elle est d’une certaine façon déjà appliquée dans le Hainaut où la Province apporte depuis 2015 une contribution financière aux zones de secours. Là encore, le futur ministre-président wallon, Elio Di Rupo, a sans doute trouvé l’inspiration sur ses terres.

"Nous avons été avant-gardistes", relève le gouverneur Tommy Lelcerq. "Il n’y avait eu aucun décret wallon pour conduire les provinces à prendre de telles mesures. Nous avions été les seuls à participer au financement de nos trois zones de secours à hauteur de 6,5 millions d’euros environ par an. Nous sommes autour de 32 millions d’euros de deniers provinciaux injectés depuis 2015. Nous prenons note que les trois familles politiques s’accordent sur une implication plus significative de l’institution provinciale."

Comment la transition va-t-elle se faire ? Où les Provinces iront-elles chercher les moyens nécessaires ? Pour l’heure, cela reste un mystère. C’est d’ailleurs ce qui est reproché de manière générale à cet accord de gouvernement wallon qui liste bon nombre de mesures jugées positives : les financements et les modalités ne sont pas des plus explicites.

"Je pense que c’est une bonne idée de confier un rôle plus important aux provinces", estime Eric Thiébaut, président de la zone de secours Hainaut-Centre. "Elles participent déjà, notamment avec la formation des pompiers. Mais sur le financement, comment ça va se passer, ce qu’on demandera encore aux communes ou pas… Rien n’est encore clair pour moi."

L’avenir des provinces par contre semble s’éclaircir. Il était question lors de la précédente mandature de supprimer ce niveau de pouvoir jugé superflu. Le futur gouvernement wallon est plutôt décidé à redéfinir leurs missions.