Durant le 19e siècle et la première moitié du 20e siècle, le quartier de SoHo à New York était une vaste zone industrielle qui n'a pas suivi le train de la modernisation dans les années 70. Des usines ont fermé. Le prix de l'immobilier a baissé. Et des artistes en ont profité pour venir y installer des ateliers et des galeries, faisant de SoHo une référence mondiale de la culture.

Trop peut-être. Les lois du marché de l'immobilier étant ce qu'elles sont, l'attrait redécouvert pour ce quartier new-yorkais a fait grimper les loyers, provoquant un nouvel exode des artistes. Si des galeries d'art subsistent, les boutiques de luxe ont poussé comme des champignons. On retiendra surtout que la culture a permis au quartier de retrouver des couleurs. Et la même chose se profile à Mons.

Comme dans l'axe de la gare, le collège souhaite en effet acquérir des cellules vides à la rue d'Havré. Dans le bas de ville, des créateurs ont ainsi pu s'installer et ouvrir des ateliers en collaboration avec le CRC, le comptoir des ressources créatives. Pour la rue d'Havré, axe stratégique qui donne sur la Grand-Place, l'opération serait donc reconduite en misant sur la culture.

"C'est la même logique que dans l'axe de la gare, mais pour les acteurs culturels", explique le bourgmestre Nicolas Martin. "Nous souhaitons acheter ou louer 6 à 7 cellules pour des artistes locaux et des étudiants d'Arts2. Nous y installerions des galeries avec des thématiques pour chaque cellule comme la peinture ou la photographie. Ce ne sera pas juste des baux d'un an. L'occupation sera plus durable et il y aura évidemment des rotations des expos et des artistes. L'idée est de pouvoir redynamiser la rue d'Havré, mais aussi d'offrir des espaces à nos artistes locaux."

L'artiste au grand cœur Alfredo Longo a déjà ouvert la voie dans cette rue d'Havré avec la St'ArtGallery et tout récemment, le Studio 33. D'autres espaces devraient donc suivre. Le bourgmestre ne s'attend pas à être soutenu par Mons en Mieux dans l'aventure, le principal groupe d'opposition fustigeant ces opérations immobilières du collège. "Ce n'est pas grave, nous avançons", commente Nicolas Martin. "Preuve que la redynamisation est en marche, il nous est de plus en plus difficile de trouver des cellules."