La reproduction monumentale de l’œuvre phare de l’expo Dali n’existe plus.

Ce n’est pas vraiment Saint Georges qui a terrassé le Dragon, mardi matin, dans l’enceinte de l’église Saint-Nicolas à Mons. Un cutter a découpé la toile monumentale de cinq mètres sur sept qui reproduisait une lithographie de Salvador Dali. L’immense reproduction du Saint Georges tuant le Dragon soit l’élément phare de l’exposition imaginée par Geolas, le comité organisateur de l’exposition Chevaux et chevalier de Dali, a été détruite pour cause de… droit à l’image !

La fondation Gala-Dali a exigé la destruction de la reproduction géante ainsi que les preuves en attestant. La fondation privée Geolas, qui était chargée de mener cette exposition, était abasourdie la semaine dernière lorsqu’elle a reçu ledit courrier. Elle s’était néanmoins résolue à répondre aux exigences de la fondation Gala-Dali et de ses ayants droits. Dans la foulée, un appel à idées était lancé pour tenter de trouver "une manière plus intelligente" de détruire cette œuvre géante.

L’expo Dali a fermé ses portes dimanche non sans un dernier coup d’éclat. "Le nombre de visiteurs (5.114), a dépassé toutes les espérances des organisateurs, qui tablaient sur 2.000 entrées", commente Michel Niezen, du comité organisateur. "Nous avons eu pas mal de retours des gens avec des idées pour les différents morceaux comme les donner à d’autres artistes pour les intégrer dans leurs œuvres ou encore, créer des pochoirs, des sacs,... Nous allons y réfléchir et nous déciderons plus tard."

La toile monumentale a donc été posée au sol. C’est Michel Niezen, avec un pincement au cœur, qui a été le premier à procéder à la découpe du bord blanc. Un styliste avait d’ail- leurs prodigué quelques conseils. "La toile a été découpée en plusieurs morceaux rectangulaires puisqu’on ne doit plus distinguer l’œuvre. Désormais, la toile représente 48 morceaux. Nous les avons photographiés et les photos seront envoyées pour validation."

Si la fondation privée est propriétaire des lithographies exposées de l’artiste, elle ne dispose pas de la propriété de l’image des œuvres. Elle doit d’ailleurs systématiquement demander l’autorisation à la fondation Gala-Dali lorsqu’elle souhaite tenir une exposition. Les organisateurs restent optimistes malgré cette mésaventure. "Nous avions quand même eu l’autorisation de reproduire la lithographie sur une toile géante qui servait à délimiter l’espace et à attirer les visiteurs. C’était déjà une belle opportunité."