Mons Il s’agit d’une reproduction de la lithographie de St Georges tuant le Dragon.

Les organisateurs de l’exposition Dali, qui se tient depuis deux semaines à la rue d’Havré, dans l’église Saint-Nicolas, sont abasourdis. La reproduction géante d’une œuvre doit être détruite. Et pourtant, l’audacieuse exposition par son propos, son artiste et son lieu a remporté un franc succès avec plus de 2.500 visiteurs.

Une ombre peu encourageante est venue noircir le tableau. "Nous avons reçu, ce lundi, un courrier de la fondation Gala-Dali qui nous autorise à exposer la toile de cinq mètres sur sept mètres que nous avons reproduite d’une lithographie réalisée par l’artiste", explique Michel Niezen, de Geolas, le comité organisateur de l’exposition Chevaux et Chevalier de Salvador Dali. "Mais à l’issue de l’exposition, nous devons la détruire. En réalité, l’accord pour l’exposition est conditionné à la destruction de la reproduction géante."

Cette immense reproduction du Saint Georges tuant le Dragon est l’élément phare de l’exposition. "Il s’agit vraiment de l’accroche, ça attire le regard des visiteurs. L’objectif était d’occuper l’espace et d’offrir une porte d’entrée aux visiteurs. Nous ne nous sommes pas imaginés qu’on allait devoir détruire la toile sous peine d’astreintes. L’idée de cette reproduction était de défier la taille du bâtiment et de limiter la zone de l’exposition dans la partie la plus sacrée et la plus riche de l’églis e."

Du côté de la Sabam, le son de cloche est identique. La fondation privée constituée par Michel Niezen est propriétaire de certaines lithographies de l’artiste, elle a donc l’autorisation de les exposer où bon lui semble. Le hic ? La fondation ne dispose pas de la propriété de l’image. Cette dernière appartient à la Fondation Gala-Dali (et à ses ayants droit), qui exige la destruction de la reproduction monumentale ainsi que les éléments de preuve en attestant.

"Lorsque nous réalisons des catalogues d’expositions, on ne nous dit jamais de détruire nos catalogues après alors que ceux-ci contiennent des reproductions des œuvres", s’exclame Michel Niezen. "Dès l’instant où nous avons une reproduction et que l’exposition s’inscrit dans un événement majeur à savoir Mons 2015, nous avions l’obligation de le signaler. Nous avons payé les droits d’utilisation, qui s’élevaient quand même à près de 650 € avec toutes les contraintes impliquées. Nous n’avons jamais imaginé qu’il allait falloir la détruire."

La décision de la Fondation Dali est sans appel. "Nous avons compris que la décision était irrémédiable. Si nous refusons, il y aura contestations et les problèmes risquent de s’accentuer." Et plutôt que de donner des coups de canif dans la toile, les organisateurs en appellent à une certaine ingéniosité de leurs visiteurs. "Nous lançons un appel à idées. Peut-être que de visiteurs trouveront une idée pour la détruire sans tout arrache r."

Si la destruction semble irrévocable, le comité organisateur a décidé d’organiser une visite nocturne ce vendredi jusqu’à 20 h au lieu de 18 h. Quant à l’exposition en tant que telle, elle fermera ses portes ce dimanche. La toile sera détruite le lendemain.