Le projet a finalement été tué dans l’œuf. Faute de consensus, la ville de Mons a annoncé qu’elle renonçait à aménager un terrain destiné à cadrer et à réguler l’installation de gens du voyage dans la région. Depuis plusieurs semaines, différentes rencontres avaient été organisées entre les autorités communales et les riverains, qui avaient rapidement manifesté leur désaccord. Le terrain convoité pour concrétiser le projet était situé derrière le Médiamarkt de Jemappes et appartient à la ville.

Les riverains ont finalement obtenu gain de cause. Le collège communal a pris en considération les arguments des citoyens qui ont fait part de leurs craintes et de leurs réserves quant à ce dossier. Il a dès lors décidé de ne pas faire aboutir ce projet. "D’entrée de jeu, nous savions que nous nous aventurions sur un sujet complexe", indique le collège communal. "Même si plusieurs grandes villes wallonnes l’ont fait et si cette approche est très répandue en France, ce sujet reste sensible et la situation vécue jusqu’à présent n’est pas satisfaisante à nos yeux."

Et pour cause. Chaque année, la problématique est relancée : la ville de Mons est confrontée à la présence fréquente et non autorisée des gens du voyage sur des terrains privés ou appartenant à des structures publiques. Pour mettre fin à cette situation, la ville souhaitait mieux régulier la présence de ces communautés via la mise en place d’une aire d’accueil encadrée et spécifiquement destinée à cet effet.

La mise à disposition d’un terrain communal dédié à l’accueil de la communauté des gens du voyage est une demande de la Région wallonne. La ville de Mons avait répondu à un appel à projets et devait bénéficier d’un subside de 500 000 euros afin de mettre ce terrain à disposition et d’établir des règles claires, notamment en matière de paiement des consommations d’énergie et d’occupation.

Actuellement, en cas d’occupation illégale d’un terrain, la loi ne permet pas aux autorités communales d’intervenir. Seule une démarche complexe et lente des propriétaires auprès de la justice permet d’obtenir une ordonnance d’expulsion, sans certitude d’aboutir. Le cadre légal tel qu’il existe actuellement est donc insuffisant, inadapté aux réalités de terrain et laisse les communes et les propriétaires désarmés.

"C’est un fait, si l’on veut pouvoir gérer et encadrer la présence des gens du voyage sur notre territoire, il nous faut un terrain. Malheureusement, et même si c’est la meilleure solution pour cadrer leur présence sur notre territoire et leur fixer des règles strictes et claires, nous constatons qu’il est extrêmement difficile de trouver un consensus sur le sujet. La vérité est qu’il n’existe pas de terrain parfait", commente encore le collège.

"Aucun terrain situé dans le Grand Mons et accessible aux véhicules n’est totalement isolé du tissu urbain. Nous comprenons les craintes que ce projet a provoqué parmi les habitants les plus proches. Par ailleurs, nous ne souhaitons pas que tous les efforts accomplis par ce collège en faveur de Jemappes et de son développement passent au second plan en raison de ce projet. C’est pourquoi nous préférons renoncer à ce projet et demander à la Région wallonne de revoir de son approche, en privilégiant par exemple la création d’aires spécifiques sur des terrains connexes aux aires d’autoroute."

Une position qui devrait être accueillie avec soulagement du côté des riverains.