Il y a 28 ans, après une exposition qui avait fait sensation à Bruxelles, le baron Duesberg décidait d’ouvrir à Mons un musée consacré aux arts décoratifs de la fin du 18e et du début du 19e siècle. Depuis, le musée s’est taillé une renommée internationale et a déroché six étoiles au Guide Michelin. Toutefois, la success-story n’aura pas été un long fleuve tranquille. Les relations entre la Ville de Mons et les époux Duesberg auront connu quelques remous, défrayant la chronique à plusieurs reprises. Tantôt pour annoncer de bonnes nouvelles comme des donations colossales. Tantôt pour laisser éclater l’amertume du baron qui avait menacé à plusieurs reprises de fermer le musée.

Les bisbrouilles feront désormais partie du passé. Le baron Duesberg vient en effet de modifier son testament pour faire la Ville de Mons sa légataire universelle. À son décès, tout son patrimoine reviendra donc à la Cité du Doudou. Et le patrimoine en question est considérable. Plein à craquer, riche notamment de ses pendules napoléoniennes qui attisent bien des convoitises aux quatre coins du monde, le musée est sans doute plus beau que jamais. "On voudrait toujours en faire plus évidemment", nous confie le collectionneur maladif. "Mais je suis heureux de pouvoir léguer ce patrimoine. Ça mettra fin à toutes les polémiques, c’est important pour l’image de la Ville."

Mercredi, en présence d’un notaire, du directeur financier de la Ville de Mons, de l’échevine de la Culture et deux témoins proches du baron, un acte a tout d’abord été signé pour convenir d’une nouvelle donation - la troisième - du musée à la Ville. Le testament du baron Duesberg a ensuite été modifié. "Cela démontre tout mon attachement à la Ville de Mons. Pas avec du blabla, mais avec des actes concrets", a souligné le baron Duesberg.

Catherine Houdart, échevine de la Culture, a chaleureusement remercié le collectionneur au nom de la Ville et de tous les Montois. L’avenir des collections est désormais assuré dans la Cité du Doudou. Le baron compte sur les autorités pour faire en sorte qu’elles soient accessibles au plus grand nombre. "Pour mon épouse et moi-même, ce musée a toujours été un message d’espérance. Il est la preuve que des petites gens peuvent faire des choses extraordinaires. Tout cela n’aurait pas été possible sans le travail considérable de mon épouse."

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