On le sait, le secteur culturel a été particulièrement touché par la crise du coronavirus et les mesures sanitaires qui l'accompagnent. Ces mesures avaient été renforcées en juillet alors qu'une hausse du nombre de nouveaux cas de covid-19 était enregistrée. Elles se sont quelque peu assouplies lors du dernier CNS, le spectre d'une deuxième vague s'éloignant.

Désormais, les événements peuvent rassembler jusqu'à 200 personnes en intérieur et 400 en extérieur en tenant compte de toutes les règles sanitaires. Une bouffée d'oxygène pour le secteur culturel? Pas vraiment. Ils sont nombreux dans le milieu à avoir pointé l'inadéquation de la consigne avec la réalité de terrain. La consigne est en effet la même pour toutes les salles, petites et grandes, alors que certaines peuvent accueillir bien plus de 200 personnes tout en veillant au respect des règles sanitaires. Les autorités fédérales ont donc laissé une marge de manœuvre aux bourgmestres, les mieux placés pour juger au cas par cas sur leur territoire. Les mayeurs peuvent ainsi accorder des dérogations aux exploitants de salles de spectacle pour dépasser le fameux seuil des 200 personnes. Liège est la première ville wallonne à avoir annoncé que des dérogations allaient être adoptées. Mons n'a pas trainé à lui emboîter le pas.

Ce mardi soir, le bourgmestre Nicolas Martin (PS), le Directeur Général de l’ORCW Laurent Fack, le Directeur du Théâtre Royal de Mons Salvatore Anzalone et le Directeur Général de Mons Arts de la Scène Philippe Degeneffe se sont entretenus au sujet de la reprise des activités dans les lieux culturels afin que ceux-ci puissent enfin reprendre leur programmation 2020 et l’accueil du public.

Concrètement, un siège devra être inoccupé entre chaque spectateur ou entre chaque bulle familiale (les membres d’une même bulle n’étant pas tenus de respecter la distanciation sociale) et un balisage devra être mis en place afin d’éviter les croisements à l’entrée et à la sortie des spectacles. La Ministre de la Culture à la Fédération Wallonie Bruxelles Bénédicte Linard avec laquelle le Bourgmestre Nicolas Martin s’est entretenu mardi a donné son feu vert pour prendre les dispositions nécessaires et ce dès le mardi 1er septembre, via un protocole d’accord communiqué à l’ensemble des Bourgmestres.

"En tant que Capitale wallonne de la culture, la Ville de Mons est extrêmement sensible aux nombreux appels à l’aide lancés par les secteurs culturels et artistiques, lourdement pénalisés depuis le début de la pandémie", explique Nicolas Martin. "Nous avions déjà pris la décision de doubler les subsides alloués aux associations culturelles mais nos institutions culturelles, elles, peinent à traverser cette crise car elles sont dans l’impossibilité totale ou partielle de poursuivre ce qui constitue leur core business : l’organisation de spectacles et l’accueil du public. A ce stade, ces nouvelles mesures sont le meilleur moyen de répondre à leurs difficultés tout en garantissant le maintien des mesures sanitaires qui nous protègent toutes et tous. En fonction de l’évolution de la situation, nous ne manquons pas de soutenir autant que possible ces acteurs clés qui jouent un rôle prépondérant dans la vie de notre cité."

Ces nouvelles dispositions devraient offrir une véritable bouffée d'oxygène aux acteurs du milieu culturel. Reste donc à espérer que le public en profite et reprenne le chemin des salles de spectacles.