Un montant de 8 millions d'euros est dégagé. Ce plan d'aide communal est une première en Belgique.

La crise du coronavirus et les mesures de confinement ont porté un coup dur aux commerçants. La reprise de l'activité dans les magasins non alimentaires n'est pas fulgurante. Quant aux établissements horeca, ils attendent toujours de pouvoir lever le rideau.

À Mons justement, l'horeca est un secteur qui compte. Les autorités communales s'emploient en outre à redynamiser le centre-ville depuis plusieurs années. La crise du coronavirus pourrait anéantir les efforts. "La fédération Comeos estime que certains commerces ont enregistré des pertes dans leur chiffre d'affaires pouvant aller jusqu'à 70%", rappelle le bourgmestre Nicolas Martin. "Pour le secteur horeca, ce sont 500.000 euros qui ne sont pas dépensés chaque jour de confinement dans les établissements montois."

La Ville de Mons a donc décidé de débloquer une enveloppe de plus de 8 millions d'euros pour venir en aide à ses commerçants. Une prime de 7.500 euros va ainsi être octroyée aux cafés, restaurants, hôtels et salles de sport toujours victimes du confinement. Pour les autres commerces, c'est une prime de 5.000 euros qui sera versée. À noter que ces montants pourront être défiscalisés et qu'ils concernent 1.400 commerces sur toute le territoire montois, les enseignes internationales et les magasins ayant pu rester ouverts durant le confinement n'étant pas pris en compte. On pense par exemple aux magasins d'alimentation ou aux pharmacies.

Cette enveloppe de 8 millions d'euros va-t-elle plomber les finances communales, au risque de voir les impôts augmenter dans un futur proche? "Ce plan d'aide sera indolore pour les finances communales", explique le bourgmestre. "Notre bonne gestion a permis de clôturer la première année de la législature par un boni de 4 millions d'euros. Nous allons en outre pouvoir repousser de quelques semaines des investissements pour qu'ils passent au budget de 2021. Par ailleurs, la Région wallonne autorise les communes à dépasser leur capacité d'investissement. C'est ce qui avait déjà été fait pour le sauvetage du holding Dexia. Ce prêt est justement arrivé à terme en 2019. Nous allons rembourser les mêmes montants mais sur vingt ans au lieu de dix. Nous pouvons précisément considérer ce plan d'aide comme un investissement, car une vague de faillites aurait un impact considérable sur l'emploi et les rentrées fiscales. "

Un peu d'ingénierie fiscale pour venir en aide aux commerces donc. L'idée montoise pourrait faire des émules. "Il faut pouvoir compter sur les pouvoirs publics dans les moments difficiles. Nous ne voulons pas que des commerçants mettent la clé sous la porte en se disant que leur Ville n'a rien fait pour eux. Ce plan d'aide devra être validé lors de la prochaine modification budgétaire et pourrait se concrétiser à partir du 1er juillet. Nous avons déjà un accord de principe de la tutelle wallonne. D'autres communes sont d'ailleurs intéressées."

Concrètement, à partir du 2 juin et jusqu'au 30 juin inclus, une plateforme en ligne permettra aux commerçants montois d'introduire leur demande de prime. "Il y a toute une série de critères pour exclure les enseignes internationales par exemple ou les commerces qui étaient déjà au bord de la faillite bien avant la crise du coronavirus. Mais les commerçants qui ne rentreraient pas dans les conditions peuvent demander une dérogation au collège. Chaque dossier pourra être analysé au cas par cas", précise Mélanie Ouali, échevine de Finances.

L'aide est déjà bien saluée parmi les principaux concernés. "À Mons, nous ne sommes pas entendus, nous sommes écoutés. C'est une différence qui compte", réagit Massimo Falasca, représentant des commerçants du Marché aux Herbes.