A Ghlin, la cohabitation est parfois difficile entre les habitants et certaines entreprises dont les activités sont sources de nuisances. C'est singulièrement le cas en lisière de la Zone industrielle Sud-Ouest à Ghlin, entre le canal Nimi-Blaton et la rue de Baudour. Le transporteur Sandermans et l'usine Recotri y sont implantés et leurs activités défraient épisodiquement la chronique. Récemment,les riverains avaient vigoureusement protesté contre la demande d'extension de l'entreprise active dans le concassage et la revalorisation des déchets inertes.

Dans leur combat, ils comptent comme allié la Ville de Mons, qui a remis un avis défavorable à la demande de permis. Mais malgré ce soutien, la lutte n'est pas gagnée: car Recotri est implantée sur la Zone industrielle Sud-Ouest, approuvée par arrêté royal du 20 octobre 1956. Recotri a donc les coudées franches pour développer son activité et les autorités locales peuvent difficilement s'y opposer. Elles ont d'ailleurs été déboutées au Conseil d'Etat quand elles ont introduit un recours contre le permis d'exploitation actuel de Recotri.

Pour juguler le développement de cette zone industrielle, le conseil communal a décidé d'entamer une démarche de révision du Schéma d'Orientation Local qui définit l'affectation et les prescriptions urbanistiques de cette zone.

"L'idée est de renforcer les conditions qui vont permettre de mieux cadrer les activités qui peuvent s'y faire", explique l'échevin à l'Urbanisme Maxime Pourtois. "Cela veut dire qu'on ne pourra plus aussi facilement rentrer un permis d'urbanisme pour un projet aussi important que celui qui a été précédemment rentré par l'entreprise. On va notamment renforcer, pour améliorer la quiétude des riverains, la question des abords, de l'isolation du site par rapport à la proximité directe avec les riverains."

Le Collège communal veut réorienter le développement de la zone et ne veut plus y voir s'étendre des activités de type industrie lourde, sans que cela n'affecte les entreprises déjà existantes. L'idée est d'adapter au contexte actuel des prescrits urbanistiques fixés il y a 66 ans et qui ne correspondent plus à la réalité d'aujourd'hui, suite à l'étalement urbain notamment. "Compte tenu des problèmes de cohabitation entre riverains et entreprises, il est de notre responsabilité de pouvoir mieux cadrer les choses."

La procédure ne fait que commencer. Un auteur de projet doit être désigné et une subvention va être sollicitée auprès du gouvernement wallon afin de mener à bien ce projet. S'en suivront ensuite l'élaboration d'un avant-projet, suivie d'une évaluation environnementale, avant d'en arriver au stade du projet de SOL, qui devra être adopté par le Conseil communal, puis approuvé par le Gouvernement wallon. le chemin sera long...