Le fédéral veut couper un subside. Toutes les zones sont concernées. Martin tire la sonnette d'alarme.

Comme chaque année, le 1er janvier apportera son lot de réformes. Mais il y en a une qui est particulièrement redoutée par les communes et leurs zones de police: la fin d'un subside fédéral pour soutenir le régime des fins de carrière. L'enveloppe est passée de 29 millions d'euros en 2016 à 37 millions d'euros en 2019. Alors que le gouvernement fédéral entend couper ce robinet dès 2020, le manque à gagner pour les polices locales peut être important. C'est le cas à Mons où le bourgmestre Nicolas Martin, également président du collège de zone, tire la sonnette d'alarme.

"C'est un système que le gouvernement fédéral avait lui-même mis en place pour permettre à des agents de partir avant la fin de leur carrière", indique Nicolas Martin. "À Mons, ça concerne une dizaine de personnes. La fin du subside représenterait pour notre zone une perte d'un demi-million d'euros. C'est énorme. La dotation communale tourne autour de 17 millions d'euros."

Dans les communes, l'étranglement financier se fait de plus en plus ressentir. "Une fois de plus, on constate que le fédéral se décharge de ses responsabilités sur les pouvoirs locaux", poursuit le bourgmestre de Mons. "La sécurité est une priorité de la population. Moi-même, j'en ai fait une priorité politique à Mons. Nous avons déjà beaucoup investi depuis le début de cette mandature, 30 policiers ont ainsi été recrutés. Ça représente déjà un certain coût. Or, historiquement, il avait été convenu que la clé de répartition pour les zones de police, comme pour les zones de secours, serait de 50-50 entre le fédéral et les communes. Mais on se rend compte avec le temps que le fédéral n'assume pas ses responsabilités. Pour les zones de secours, il est à 20% du financement. Pour les zones de police, on observe également un désinvestissement considérable. Les nouvelles recrues que nous avons engagées sont d'ailleurs financées sur nos fonds propres."

La perte d'un subside que les communes croyaient acquis est donc une bonne rasade qui menace de faire déborder le vase. Le bourgmestre de Mons et nombre de ses pairs s'activent déjà pour tenter de faire revenir le gouvernement fédéral sur sa décision et assurer un financement plus équilibré des zones de police. "Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne a indiqué qu'il allait saisir le comité de concertation qui réunit les différents gouvernements", poursuit Nicolas Martin. "À travers le CRAC, la Wallonie soutient ses communes en difficulté financière. La perte de ce subside peut donc aussi avoir un impact indirect pour elle."

Nicolas Martin le reconnait, la force de persuasion des pouvoirs locaux est limitée. Mais il voit ce relais wallon comme un premier signe positif. "Il faut que le fédéral puisse trouver une solution et joindre le geste à la parole. Le gouvernement a souvent répété que la sécurité était une priorité. Cela ne peut pas aller de pair avec le désinvestissement que nous avons constaté. Même en affaires courantes, le gouvernement pourrait revenir sur cette décision", conclut le bourgmestre de Mons.