Mons

Le conseiller montois Hervé Jacquemin se pose de nombreuses questions sur la gestion de la zone et attend des réponses.

Que se passe-t-il exactement dans les coulisses de la zone de secours Hainaut-Centre ? Ce n'est un secret pour personne, depuis la réforme, nos services incendie traversent des difficultés. De là à savoir quels problèmes exactement sont rencontrés et comment ceux-ci sont-ils gérés, il y a un pas que le conseiller communal montois Hervé Jacquemin aimerait franchir.

"La zone de secours Hainaut-Centre assure la sécurité de près de 100.000 Montois", rappelle le conseiller de Mons en Mieux. "La Ville de Mons verse une dotation annuelle de 8 millions d'euros à la zone. C'est d'ailleurs le plus gros contributeur. Or, le conseil de la zone ne regroupe que les bourgmestres. Si bien que les conseillers communaux n'ont pas vraiment de regard sur la gestion de ce dossier très important."

Et des questions, notre libéral s'en pose. "Nous n'avons pas le règlement d'ordre intérieur de la zone, ni son rapport d'activité, ni son budget", poursuit Hervé Jacquemin. "Nous ne savons pas où trouver le programme pluriannuel actualisé. Nous ne savons pas non plus où en est la mise à jour de documents clés sur la gestion de la zone et dont la validité avait été fixée à fin 2018."

Ensuite, il y a tous les problèmes concrets que rencontrent les pompiers au quotidien. "Je m'interroge aussi sur de nombreux départs et le nombre d'effectifs. De nombreux pompiers volontaires sont passés professionnels, mais qui les a remplacés ? Les cadres sont-ils remplis ? Un audit sur le management interne ne serait-il pas avisé ? Il me revient également que 200.000 euros auraient été dépensés pour l'achat de radios qui connaissent des problèmes de fonctionnement. Qu'en est-il des deuxièmes tenues incendie qui avaient été promises aux pompiers ?"

Du côté des pompiers, le ras-le-bol est palpable. "Le dossier des radios est symptomatique des problèmes de gestion", commente un délégué. "Nous avons des casques tout neuf qui nous attendent. Mais l'appareil auditif qui doit les accompagner n'est pas compatible, si bien qu'il va falloir procéder à des ajustements. On attend. Le manque d'effectifs pose également souci. Il y a eu pas mal de départs à Mons. C'est un casse-tête pour les sous-officiers qui doivent composer les équipes. Pour la semaine prochaine par exemple, il manque 8 hommes par équipe. Pour les deuxièmes tenues incendie, c'est passé à la trappe. Le responsable du dossier a reçu un budget limité, on lui a dit de se débrouiller avec ça. Si bien que seuls les officiers et sous-officiers sont équipés d'une deuxième tenue."

Le nouveau président de la zone s'est déjà dit conscient des défis à relever. Eric Thiébaut a ainsi commencé son mandat par un tour des casernes, pour mesurer les difficultés du terrain et entendre les pompiers. "A Mons, il n'y avait pas grand monde car l'information a été transmise le soir pour le lendemain matin", soupire un pompier montois. "C'est arrivé deux fois."

Si les responsables politiques ne cachent pas leur volonté de sortir la zone de la mélasse, bon nombre de pompiers perdent espoir. Hervé Jacquemin, lui, attend des réponses aux nombreuses questions qu'il a adressées au bourgmestre. "Nous devons passer par lui pour être tenus informés", explique le conseiller de Mons en Mieux. "Ce n'était pas possible du temps d'Elio Di Rupo. Nicolas Martin m'a quant à lui invité à dresser une liste de questions précises. Ce que j'ai fait. La loi nous autorise à être tenus informés." Si Hervé Jacquemin attend toujours, la Ville de Mons nous indique que les questions ont bien été reçues et qu'il est prévu d'y répondre. Quand ? Cela semble être un concept de plus en plus difficile à définir dès lors qu'on touche au dossier de la zone de secours Hainaut-Centre. De là à dire qu'il n'y a pas le feu…