Mons

La confusion des genres est pointée avec la pub des permanences citoyennes de l'échevin aux fenêtres de l'ASBL Maison Emilie

En pleine tourmente politique, la Ville de Mons a finalement décidé de réunir un conseil communal en urgence et à huis clos après les multiples révélations impliquant l’échevin Pascal Lafosse (PS) ainsi que ses activités et celles de l’ex-bourgmestre de Mons, Maurice Lafosse (PS), au sein de l’ASBL privée La Maison Emilie, située à Cuesmes. Pour rappel, les accusations formulées portent sur l’utilisation de ressources de l’ASBL à des fins partisanes et électorales. L’échevin et l’ex-bourgmestre les démentent formellement.

Dans cette affaire, la confusion des genres est également pointée. Comme lorsque l’échevin fait la pub d’une de ses "permanences citoyennes" via les fenêtres de ladite ASBL ou lorsqu’un loyer à tarif préférentiel (75€/mois pour un logement social à deux chambres) est octroyé par la société de logements sociaux "Toit&Moi".

Une série de mesures ont été réclamées par l’opposition : comité de bonne gouvernance, mise à l’écart voire démission immédiate de l’échevin, conseil communal à huis clos, enquête interne et enquête de la ministre des Pouvoirs locaux, … Fin de semaine dernière, même le partenaire de majorité Humaniste réclamait la tenue d’une assemblée pour que l’échevin puisse s’expliquer. Ce lundi, il a été décidé en collège PS/CDH d’organiser ce conseil en urgence ce jeudi avec cet unique point à l’ordre du jour.

Néanmoins, la missive envoyée par le collège PS/CDH pose question. Force est de constater que temporiser ou même minimiser la situation fait déjà grincer les dents. "Le PS semble ne pas avoir pris la mesure du problème , rétorque Bouchez (MR). Le collège socialiste indique que le seul lien entre la Ville et ce dossier serait l’envoi de quelques mails. C’est oublier les autres reportages… Un enregistrement audio de Maurice Lafosse indique que l’ASBL a réalisé des affiches pour l’ASBL Mons Sport qui est une ASBL para communale. Aussi, utiliser les moyens d’un échevinat pour faire de la propagande afin d’amener des gens à adhérer au PS est inacceptable. Enfin, il semblerait que des moyens aient été mis à disposition de l’ASBL par la Ville."

Idem chez De Jaer (Ecolo). "Le libellé du point information laisse planer le doute sur ce qu’on va y faire et montre le peu de sérieux de la majorité dans cette affaire. Le communiqué de la Ville n’est pas de nature à nous rassurer, la majorité semble rejeter toute la faute sur la secrétaire de Pascal Lafosse. Se cacher derrière le fait que l’ASBL serait privée et sans lien avec la Ville est, en plus de sembler faux (il y aurait notamment la réalisation de tracts pour une ASBL para communale, les échanges avec une fonctionnaire sous le couvert de l’échevin, des tracts mélangeant activité de l’ASBL, activités du collège, etc.), totalement éloigné de ce que l’on attend d’un responsable politique."

Si l’échevin ne s’est pas encore expliqué devant les instances, ses communications dans les médias ne sont pas passées inaperçues. "Il est temps que certains comprennent que s’investir en politique signifie être au service du public et non se servir du public" , tire Bouchez.

Et le CDH dans ce capharnaüm ?

Le groupe CDH, entré dans cette majorité suite à l’éviction du MR, est dans une position bien délicate avec cette nouvelle polémique qui touche l’éthique des personnalités politiques montoises. Le CDH a été jusqu’à sommer le collège PS d’organiser ce conseil. En imposant cette exigence à son partenaire en majorité absolue (le PS peut gouverner seul la Ville de Mons), le CDH a marqué une volonté de fermeté. Car depuis plusieurs semaines, la majorité montoise fait le dos rond sur diverses polémiques. Citons en deux : le directeur général suspendu Pierre Urbain et le scandale du Fifa lié à André Ceuterick. Et puis à l’été, il y a eu l’alliance romaine au gouvernement wallon qui a volé en éclats. Les troupes communales pour octobre 2018 s’organisent aussi, où des alliances MR/CDH se créent un peu partout. Tout cela fera-t-il chavirer le navire ? Trop tôt pour l’affirmer ou l’infirmer. Un fait est certain : la pression politique se fait ressentir de toutes parts et dans tous les clans, y compris ceux qui divisent au PS.

Enfin si le conseil communal se réunira jeudi à Mons sur le sujet, la fédération PS de Mons-Borinage devra aussi prendre position. De fait, Pascal et Maurice Lafosse sont convoqués devant la commission de vigilance. La Fédération souhaitant "que toute la clarté soit faite sur ces informations le plus rapidement possible" et rappelant "que chaque élu socialiste se doit de respecter les règles de comportement et d’éthique qui s’imposent à l’ensemble des membres du parti."