L’opposition craint une déroute en 2021. Nicolas Martin compte sur un appui wallon.

Le budget de la zone de police Mons-Quévy a été présenté aux conseillers mardi soir. S’il dégage un léger boni d’un peu plus de 73.000 euros, Mons en Mieux dénonce des artifices et craint le pire pour l’année prochaine.

"Il a fallu aller puiser dans les réserves pour dégager ce boni", pointe Hervé Jacquemin de Mons en Mieux. "Pour l’exercice même, nous avons des dépenses autour de 38 millions d’euros et des recettes d’environ 34 millions. Nous avons donc un déficit de près de 4 millions d’euros qui se présentera à nouveau l’année prochaine. En effet, ce qui pouvait être économisé en frais de fonctionnement a déjà été fait. Et en 2021, on ne pourra plus combler le trou avec les réserves."

Pour le conseiller, les finances de la zone de police risquent de boire la tasse l’an prochain. "Les raisons du déficit sont simples, la Ville de Mons a décidé d’engager des policiers. Et c’est une bonne chose. Mais la dotation communale ne suit pas", poursuit Hervé Jacquemin. "Donc l’année prochaine, pour combler le déficit, la Ville pourra soit faire un chèque, mais elle n’en a pas les moyens. Soit virer des policiers. Je crains un plan du personnel."

De son côté, le bourgmestre de Mons et président de la zone de police explique qu’il faut composer avec un désinvestissement du fédéral. "Alors qu’il devait participer au financement à hauteur de 50 %, nous avons engagé des policiers sur fonds propres", rappelle Nicolas Martin. "Si nous avions dû attendre l’appui du fédéral, nous serions toujours en sous-effectif."

Malgré tout, Mons tient ses finances en équilibre, indique le bourgmestre. Mais il attend une bouffée d’oxygène wallonne pour 2021. "Le gouvernement wallon l’a clairement annoncé dans sa déclaration de politique régionale, il a prévu d’aides les grandes villes qui sont toutes confrontées à des difficultés financières pour diverses raisons comme les pensions, la police ou les zones de secours. Chareleroi demande 50 millions pour 2020. Liège devrait aussi demander des montants considérables. Mons est en équilibre pour cette année, mais nous savons qu’il faudra passer par un refinancement des grandes villes dès 2021."