Avec ses sept immeubles comprenant appartements, kots et bureaux, le projet Nova Mons divise dans la Cité du Doudou. Ses partisans se réjouissent de voir disparaitre un chancre à la place de Bootle au profit de logements en centre-ville. Un pas de plus vers la densification urbaine, nécessaire par ces temps de changement climatique. Mais d'autres estiment que le projet est beaucoup trop imposant et va dénaturer le paysage montois tout en créant de sérieux problèmes de mobilité.

On sait maintenant de quel côté penche le collège communal. Il a en effet remis un avis positif le 20 mai dans le cadre de la demande de permis. L'administration wallonne va maintenant devoir statuer. En attendant, la décision des autorités montoises fait grincer des dents. Un collectif de citoyens opposés au projet s'est constitué. On y compte des riverains, des associations locales ou encore des architectes, dont un professeur émérite de l'UMons. Et l'avis du collège passe mal.

"C'est un avis qui va contre celui de la CCATM", soulève Étienne Poulet, porte-parole du collectif Cœur urbain de Mons. "En effet, la CCATM pointe elle aussi les gabarits trop importants du projet, son manque d'intégration dans l'espace urbain et les nombreuses dérogations aux règles urbanistiques."

Surtout, le collectif déplore un véritable manque de démocratie. Les promoteurs travaillent sur ce projet depuis six ans avec des millions d'euros en jeu. Ils sont par ailleurs passés par la cellule des investisseurs. Cet organe permet aux promoteurs de tâter le terrain avant de déposer un permis. "Dans le dossier, on retrouve un avis favorable de la cellule des investisseurs. Les autorités locales et le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne y sont représentés", ajoute le porte-parole du collectif. Bien sûr, l'avis de la cellule des investisseurs n'engage à rien. Mais pour les citoyens opposés à Nova Mons, le sentiment est que tout est plié d'avance.

"L'échevin de l'Urbanisme va répéter que les procédures ont été suivies et qu'il y a eu des enquêtes publiques et des séances d'information au cours desquelles les citoyens ont pu donner leur avis. Encore heureux qu'on respecte les procédures! Mais ce que nous demandions, c'était une véritable concertation sur l'aménagement de la place, avant le dépôt de permis. D'autant plus que nous ne sommes pas opposés à la refonte de la place de Bootle et que nous sommes favorables à la densification urbaine. Mais pas de cette manière. Nous voulions un véritable débat de fond, nous ne l'avons pas eu. Nous n'avons même pas eu un accusé de réception à la pétition que nous avons déposée. Elle comptait près de 1.000 signatures. C'est bien beau d'annoncer 160.000 euros pour un budget participatif. Nous, tout ce que nous demandions, c'était un véritable dialogue. Et ça, c'est gratuit."

L'histoire est loin d'être terminée. Si d'aventure le fonctionnaire-délégué devait accorder le permis, le collectif annonce déjà qu'il introduirait un recours. En présentant leurs plans modificatifs en mars dernier, les promoteurs indiquaient avoir déjà pris six mois de retard dans leur projet. L'opposition ne faiblissant pas, le calendrier pourrait encore s'allonger.