L'affaire avait agité la Cité du Doudou la semaine dernière et opposait Opaline Meunier, conseillère MEM, à Marie Meunier, présidente du CPAS. La première reprochait à la seconde son adhésion à deux coûteux business club aux frais du contribuable. Marie Meunier avait expliqué qu'elle ne comptait pas y faire des parties de golf ou profiter de brunchs. L'objectif était de nouer des contacts avec des entrepreneurs locaux pour faciliter l'insertion de bénéficiaires du CPAS à travers les articles 60 et 61.

Après avoir enflammé Mons et les réseaux sociaux au passage, c'est au parlement wallon que l'affaire s'est invitée. La députée Jacqueline Galant a interpellé le ministre de Pouvoirs locaux pour savoir si l'adhésion à des business clubs entrait dans les missions des CPAS.

Sur l'opportunité qu'une telle adhésion peut offrir à un CPAS, Pierre-Yves Dermagne renvoie la question au conseil communal, la tutelle étant exercée par la Ville. "Mais l'adhésion à un business club ne relève pas des missions légales d'un CPAS", ajoute le ministre. "Je rappelle tout de même qu'en période de crise, les CPAS ont été fortement sollicités et on peut craindre qu'ils le soient encore dans les prochains mois. Le CPAS devra sans doute se recentrer sur ses missions de base."

De son côté, Opaline Meunier crie victoire. "J'avais raison dès le début. Je me suis ramassé un raid de socialistes sur les réseaux sociaux pour avoir dénoncé la chose, mais la présidente du CPAS de Mons n'aurait jamais dû se faire payer son adhésion à deux business clubs", commente la conseillère d'opposition.

La présidente du CPAS n'aura toutefois pas attendu l'avis du ministre des Pouvoirs locaux pour ajuster le tir. Elle reste convaincue de l'utilité de la démarche, et un accord a déjà été trouvé pour que ça ne coûte rien au CPAS. "Les frais d'adhésion et de participation aux activités sont offerts. Et ce ne sera pas des parties de golf ou de pétanque", précise Marie Meunier. "Les deux clubs sont convaincus qu'il est utile d'avoir une structure sociale comme le CPAS en leur sein et s'engagent dans la réinsertion avec des articles 60 pour montrer l'exemple aux entreprises. De notre côté, nous ferons un bilan approfondi dans les prochains mois, mais nous pouvons déjà mesurer l'utilité d'un tel partenariat en matière de réinsertion socioprofessionnelle."