Mons

L'université entend être proactive sur tous les fronts.

Si l’Université de Mons a décidé d’agir en mettant à la disposition de victimes potentielles un système d’alerte pour mettre fin au harcèlement, elle reste consciente que le phénomène ne s’arrête pas aux grilles d’un campus ou à la sortie d’une salle de cours. Sur la toile, sur les réseaux sociaux, l’enfer peut continuer et prendre des proportions plus importantes encore.

Dans les prochaines semaines, le dispositif anti-harcèlement sera une réalité sur les différents campus de l’UMons. Un peu plus tard, le même dispositif mais numérique devrait être lancé. "Nous ne nous mettons pas la pression, nous ne voulons pas aller trop vite. Là encore, il ne s’agit pas d’utiliser un système qui ne serait pas totalement adapté", explique Pierre Cornut, conseiller au recteur pour les affaires étudiantes. "Mais un système existe déjà."

Développé par un professeur de l’université, le projet Cyber Help avait vu le jour en 2017 et testé dans trois établissements scolaires de Mons et de Quaregnon. "Il fonctionne globalement sur la même base que ce que nous mettrons prochainement en place sur nos sites. L’application permet de prendre des captures d’écran des faits de harcèlement, que l’on soit sur ordinateur, smartphone ou tablette. Ces captures d’écran peuvent alors dans un deuxième temps être envoyées à des personnes relais."

La machine se met alors en route : les personnes relais rencontrent la victime, la rassurent et le problème devient celui de l’université. Une rencontre entre le premier vice-recteur et la personne incriminée est organisée, et une procédure de recadrage souple ou ferme est lancée avant, si les faits se poursuivent, le lancement d’une procédure disciplinaire. "Le harcèlement aujourd’hui est également virtuel et numérique, ce qui laisse plus facilement des traces."

Le dispositif semble avoir fait ses preuves dans les établissements qui l’ont utilisé. Preuve que l’informatique, bien sûr associé à une intervention humaine pédagogue et empathique, peut jouer un rôle dans la lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement.