Pour Charlotte De Jaer, ça restera Mons, où le travail ne manque pas.

Mons n’a pas échappé à la vague verte des élections communales, avec l’émergence d’une alliance inédite PS-Ecolo. Rencontre avec Charlotte De Jaer, nouvelle échevine de la majorité pastèque.

Une vague verte a déferlé en Wallonie lors des élections communales, y compris à Mons. Comment l’expliquez-vous ?

"Tout d’abord, avec l’été caniculaire que nous avons connu, le réchauffement climatique est devenu un problème concret pour beaucoup de gens. Ce ne sont plus que des chiffres. Par ailleurs, les nombreux scandales en matière de bonne gouvernance comme Publifin ou le Samu social ont certainement influencé le choix des électeurs. Les Montois ont trouvé des réponses chez Ecolo."

Vous avez été portés par une volonté de changement. N’est-ce pas contraire à une alliance avec le PS qui règne sur Mons depuis Mathusalem ?

"Nous avions le choix. Soit laisser le PS s’allier à un autre parti. Soit mettre les mains dans le cambouis. Nous avons choisi la deuxième option après de longues négociations, car nous voulions donner une véritable impulsion aux changements que nous défendons. De plus, il y a de nouvelles têtes parmi les socialistes. Le PS n’est plus englué dans ce que nous critiquions par le passé."

Parlons de ces changements que vous défendez. Certaines choses se mettent-elles déjà en place ?

"Les composts de quartier devraient bientôt voir le jour, tout comme les caméras spéciales pour lutter contre les dépôts sauvages. Dans le mois qui vient, nous allons présenter une nouvelle stratégie pour le développement des Park and Ride. Le collège devrait par ailleurs marquer très bientôt son accord pour des aménagements le long de la route d’Obourg où un cycliste était décédé. Nous voulons aussi que l’administration montre l’exemple. Nous favorisons donc le vélo et les véhicules électriques. Nous pouvons encore citer en matière de bonne gouvernance l’ouverture du conseil d’administration du Plaza Art."

Les gobelets réutilisables au Doudou, ce sera pour 2020 ?

"Nous avons eu une expérience très positive lors de la dernière édition de Mons Cœur en Neige. Nous avançons. L’objectif reste la Ducasse de 2020. En 2019, nous effectuerons encore des tests."

La sécurité, c’est un thème cher au bourgmestre. Mais lors de la campagne, vous aviez marqué quelques divergences. Vous avez pu accorder vos violons depuis ?

"Contrairement aux idées reçues, Ecolo n’est pas uniquement favorable à la prévention mais souhaite un juste équilibre avec la répression. Nous avons pu avoir avec le PS un dialogue long et constructif avec le PS qui continuera durant les six ans. L’aspect prévention se retrouve dans la déclaration de politique générale avec notamment l’extension des maisons de quartier. Nous travaillons aussi à rapprocher les policiers des Montois. Cela se fait déjà au marché de Cuesmes. Nous pourrions aussi nous inspirer du café de la police boraine."

Au mois de mai, les électeurs retrouveront les urnes pour le Big One. Vous prédisez une nouvelle déferlante Ecolo ?

"Des enjeux tels que le réchauffement climatique ou la bonne gouvernance resteront valables. Nous avons des personnalités fortes pour porter la campagne. Nous avons retravaillé nos propositions phares avec des acteurs de la société civile. Je prédis donc une nouvelle vague verte."

Vous serez au casting ?

"Non, je me consacrerai à mon mandat d’échevine."

Avec le succès des communales et les règles de cumul, Ecolo ne risque-t-il pas de connaître une crise de croissance en cas de grosse victoire en mai ?

"C’est un problème de riche ! Je n’aurais pas imaginé qu’on me pose la question il y a six mois. Une partie du personnel politique occupe déjà des fonctions scabinales, mais nous avons encore des talents. Nous désignons nos têtes de liste bientôt. J’ai eu de bons échos, nous devrions avoir des listes fortes."

G.La


Dans les petits pas de Nicolas Hulot ?

2018 aura été marquée par la démission de Nicolas Hulot. La caution écologiste du gouvernement Macron estimait que la politique des petits pas ne suffisait pas à répondre au défi climatique et qu’il fallait changer le modèle dominant. À Mons, Charlotte De Jaer ne craint-elle pas d’être condamnée aux petits pas ? "Le contexte est différent", répond l’échevine montoise. "Nicolas Hulot n’était pas élu et il n’y avait pas en France un vote fort pour les Verts. En Belgique, on sent un engouement pour l’écologie politique et nous avons un groupe fort au conseil communal. Dans la déclaration de politique générale, il n’y a pas que des petits pas. Par ailleurs, Mons reste une ville qui dépend d’autres niveaux de pouvoir. Il faut que les futurs gouvernements prennent la mesure de l’importance du défi climatique. Enfin, quand nous installons des composts collectifs, je ne m’inquiète pas de savoir si c’est un petit ou un grand pas. C’est un outil qui permet de réduire les déchets et c’est important aussi."


3 questions décalées

1. Si vous aviez une baguette magique…

" Je remonterais le temps pour revenir avant les années 70 et éviter les problèmes qui nous ont conduits jusqu’ici, comme l’étalement urbain ou le mythe de la croissance infinie. "

2. Avec qui resteriez-vous bloquée dans un ascenseur ?

" Emma Watson, car elle a une vision féministe de la société très intéressante. Une vision plus rock’n’roll qui est aussi ouverte aux femmes plus précarisées. "

3. Qui vous ferait changer de trottoir ?

" Les fascistes qui prennent le pouvoir. Mais je préfère tout de même les combattre sur le terrain. C’est ce qu’Écolo fait contre le Vlaams Belang et la N-VA. "