Mons

Nouveau chef de la police Mons-Quévy, Jean-Hubert Nicolay se confie sur ses premières impressions et ses projets pour la zone.

Nouveau boss de la zone de police Mons-Quévy, depuis le mois de juin, Jean-Hubert Nicolay a prêté serment mercredi dernier. L’occasion pour le chef de corps de nous livrer ses premières impressions sur la zone et les projets qu’il entend développer.

Arrivé de la police fédérale, vous avez pris les rênes de la police Mons-Quévy depuis trois mois. Vos premières impressions ?

Je suis arrivé pour le Doudou, c’était le moment idéal pour faire connaissance avec la population mais aussi avec les collègues de manière plus informelle. Depuis trois mois, la sauce prend bien. Je termine ma première récolte d’informations pour voir avant la fin de l’année ce qu’il faudra consolider ou améliorer. Je veux impulser une nouvelle dynamique sans tout chambouler pour autant.

Les particularités de la zone selon vous ?

J’avais gardé de ma période estudiantine le souvenir d’un caractère montois chaleureux et bien marqué. Cela n’a pas changé, mais la ville a évolué. C’est un chef-lieu de province qui accueille d’importantes institutions, de grosses structures et des événements d’envergure. C’est très hétéroclite, impossible de s’ennuyer. Quévy est aussi une commune en plein développement, beaucoup de choses s’y passent et nous sommes à la frontière française. C’est un élément très important qui nous conduit à renforcer la collaboration transfrontalière tant avec la gendarmerie qu’avec la police nationale.

Nicolas Martin a fait de la sécurité sa priorité absolue. Ça vous met la pression ?

C’est une pression que je prends à bras-le-corps. Il y a de grandes attentes tant du politique que du judiciaire et des citoyens. C’est aussi ce qui m’a motivé à venir ici.

Quelle importance accordez-vous aux attentes des citoyens ?

Le citoyen doit être au centre de tout. Ça passe par une police plus proche et plus accessible. Il faut aussi que nos policiers soient dans des conditions optimales pour répondre aux attentes. Mons est par ailleurs une ville où l’on doit pouvoir se promener sans problème. Ainsi, nous devons à la fois combattre une criminalité qui devient de plus en plus spécialisée. Mais nous ne devons pas négliger les petites incivilités qui peuvent instaurer un climat malsain et dégénérer en conflits. Pour ce faire, il faut rassembler les différents acteurs concernés autour de la table, en partenariat avec les services de la Ville.

Des mesures concrètes ?

Nous allons travailler dans les prochaines semaines à raccourcir le temps d’attente à l’accueil du commissariat central. Nous allons aussi avant la fin de l’année relancer les patrouilles cyclistes. Je voudrais également mettre sur pied une force de frappe multidisciplinaire et flexible. Nous avons, par exemple, connu une vague de petits cambriolages. Pour être efficaces, nous devons pouvoir travailler dans des horaires moins habituels et nous adapter à la situation. Je veux aussi continuer à investir dans des outils modernes. Notre zone a déjà mené des expériences pilotes. Je veux positionner la zone comme pôle d’excellence. Cela passe même par le développement durable. Notre zone n’est pas un îlot coupé du reste de la société, nous en faisons partie intégrante. Et nous prendrons également des mesures sur ce thème.


Le nerf de la guerre

MONS Le quartier de la gare est au cœur de l’attention en matière de sécurité. Là encore, Jean-Hubert Nicolay est favorable à une approche multidisciplinaire mobilisant les différents maillons de la chaîne. Si le nouveau chef de corps ne manque pas d’idées pour relever les défis qui se posent, encore faut-il les moyens nécessaires.

"Les villes et la société évoluent, la criminalité est de plus en plus complexe et s’internationalise. Si bien qu’on ne peut plus se baser sur des normes obsolètes pour le financement de la police ", soulève le chef de corps. " Je plaide pour un refinancement des zones de police par le fédéral, sinon c’est toujours le local qui met la main à la poche en bout de course. J’en appelle aussi à un financement par la Wallonie, qui nous confie de nouvelles missions. Je déplore par ailleurs un sous-investissement de la justice et de la police fédérale. Il y a de cette dernière un glissement de missions vers la police locale, faute de moyens. Ça ne pourra pas tenir indéfiniment de la sorte."


3 questions décalées

1.Si vous aviez une baguette magique ?

"Je terminerais le chantier de la gare. Les travaux en cours ne favorisent pas le sentiment de sécurité. Et pour rester dans les travaux, je terminerais aussi le chantier de la E19 qui a des répercussions terribles sur la mobilité de notre zone."

2.Avec qui resteriez-vous bloqué dans un ascenseur ?

"Avec Marc Garin, mon prédécesseur. Nous avons des contacts réguliers. Il a tellement de choses à me transmettre et il le fait avec une telle générosité que je pourrais y rester des heures."

3.Qui vous ferait changer de trottoir ?

"Personne. Éviter le problème n’est pas la meilleure chose, j’ai toujours été orienté solution."