Le gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq, multiplie les réunions afin d'anticiper l'arrivée du virus.

Pas un jour, pas une heure ne passe sans que l’on ne parle du coronavirus (COVID-19). Il faut dire que plusieurs pays ont déjà été touchés. Citons la Chine, la Corée du Sud, l’Iran, une partie de l’Italie et de la France. Jusqu’ici, la Belgique a été épargnée mais les autorités se préparent comme elles peuvent à faire face à un virus autour duquel de nombreuses zones d’ombre persistent.

Le gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq (PS) multiplie les réunions et les contacts, notamment avec les 69 bourgmestres et 23 chefs de corps des zones de police hennuyères. Objectifs : expliquer, rassurer et se préparer "avec bon sens et précaution" à ce que la Belgique pourrait vivre. "Si tant est que l’on puisse vraiment l’être, nous sommes prêts. Nous sommes au poste, disposés à prendre toutes les mesures qui s’imposeraient", confirme-t-il.

À ce stade, le gouverneur et ses services misent avant tout sur l’information. "Nous ne sommes pas en situation de crise. Le risque d’y être confronté est réel mais nous sommes toujours en période de précaution et de vigilance accrue. Nous multiplions les communications tant vers l’autorité que vers les citoyens et le personnel soignant afin que tous sachent comment réagir. Comment se protéger, que faire si un symptôme se déclare, si l’on a fréquenté quelqu’un qui était atteint, si l’on voyage,…"

L’information est évidemment primordiale pour éviter un état de psychose. "Nous ne savons pas dans quelle mesure nous pourrions être touchés, ni quelle ampleur cela pourrait prendre. Nous ne pouvons donc qu’essayer d’anticiper les choses en travaillant sur base de scénarios appuyés sur des process, des arrêtés royaux ou ministériels. La situation est chaque jour réévaluée et si des mesures fermes et fortes devaient être prises, elles le seront."

Aujourd’hui, il n’est donc pas question d’annuler le moindre événement ou de prendre de mesures disproportionnées. "Nous n’évoquons pas cela actuellement mais rien ne peut être exclu. Si cela s’avérait nécessaire, l’autorité locale devrait réagir." Le gouverneur reste donc attentif à la situation mais ne souhaite pas créer de vent de panique. Il s’inquiète en revanche des conséquences économiques, déjà bien réelles, liées cette épidémie. "Biologiquement, nous sommes encore épargnés mais économiquement, les dégâts sont déjà perceptibles."

En effet, les bourses européennes plongent et en seulement deux jours, le BEL 20 a perdu 6%.