C'est la soupe à la grimace pour Giovanni et Aurélie. Comme tous les restaurants et cafés de Saint-Ghislain, les deux patrons du Harley Street (à Tertre) ont été contraints de fermer pour la deuxième fois. Mais contrairement à leurs homologues de la commune, ils n'ont reçu aucune aide de la Ville de Saint-Ghislain. "C'est vraiment injuste que nous ne puissions pas bénéficier de la même aide que les autres sous prétexte d'une erreur administrative", peste Aurélie.

En juillet, il avait été décidé d'offrir une prime de 6 000 euros aux cafés et restaurants fermés durant la première vague. Mais uniquement pour ceux possédant le bon code NACE.(NdlR : système de classification des activités économiques). "Le problème, c'est que l'exploitant a déclaré son activité comme friterie et pas comme restaurant", justifie le bourgmestre Daniel Olivier. "Or, le code NACE des friteries n'était pas repris dans la décision du Conseil communal votée en juillet dernier car la Region wallonne n'a pas fait fermer les friteries."

Il apparaît que le code NACE 56.102, celui du Harley Street, n'était en effet pas éligible lors de l’introduction du dossier pour recevoir l’indemnité. Mais en pratique, ce code est aussi utilisé pour des établissements de type brasserie comme celui-ci. "C'est pour cette raison que le texte de loi de la Région wallonne a été adapté", explique Giovanni. "Donc nous avons pu bénéficier de la prime wallonne de 5 000 euros. Mais à Saint-Ghislain, les autorités n'ont pas voulu faire comme la Région wallonne, alors que nous sommes une vraie brasserie et non une friterie."

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Aurélie et Giovanni ont pourtant tenté de négocier avec les autorités communales. "Même si le code NACE n'était pas repris dans la liste initiale, on nous avait dit qu'il ne fallait pas hésiter à effectuer tout de même une demande parce qu'elle serait examinée selon notre situation", assure Aurélie. "J'ai donc tout de même introduit la demande en expliquant que la Région wallonne avait accepté davantage de souplesse. Mais on m'a ensuite expliqué que c'était tout de même refusé."

Aujourd'hui, les deux tenanciers regrettent que la commune n'ait pas directement accepté davantage de souplesse. Tout n'est cependant pas perdu. "Un rapport de l'administration contenant l'analyse des refus va être soumis au College communal, probablement le 10 novembre", signale le bourgmestre. "Il n'est nullement exclu qu'une prime doive être proposée par le College au prochain Conseil communal pour des situations spécifiques qui seraient constatées par le College."

Une solution pour peut-être aider le Harley Street ? "Nous avons envie de croire qu'ils vont corriger le tir et qu'ils vont tenir leurs promesses", confie Aurélie. "Mais nous attendons du concret avant de crier victoire. Surtout que nous nous attendons déjà à ce que des montants inférieurs soient proposés alors que nous aurions dû avoir cette prime de 6 000 euros."